Mais quelle mouche (de droite !) a piqué Gérard Collomb ? la crise du logement due aux demandeurs d’asile ?

, par  Pierre-Alain , popularité : 45%

Le conseil métropolitain a été long... 8 heures, avec 80 délibérations que 166 élus, organisés dans 14 groupes politiques, sont censés discuter et voter... Cela représente 20 secondes par groupe et par délibération... Une des conséquences de la fusion département-communauté urbaine, c’est qu’un seul conseil doit traiter ce que discutait deux conseils précédemment...

C’est peut-être la raison pour laquelle Gérard Collomb a eu des difficultés à organiser le déroulement, jusqu’à cette perle politique, digne de Sarkozy, en me répondant sur la demande de logement social : "le nombre de demandes de logement en attente est due à l’explosion des demandeurs d’asile"

Il est vrai qu’auparavant, le président avait cédé à la pression de la droite demandant un vote public sur un règlement intérieur qui venait pourtant d’être voté à main levée. Le problème était que l’exécutif, sachant par avance que le vote lui était favorable, l’a organisé comme un vote anodin, "pas d’opposition, pas d’abstention, adopté, amendement suivant..." et que même ceux qui votait pour la proposition du président se regardait en se demandant "mais qui a voté quoi ?". Compte tenu de l’importance du sujet, il y avait eu de nombreux amendements, ce qui est inhabituel dans ce conseil, et les simples conseillers ne savaient pas ce que chaque groupe avait dit au cabinet du président... Bref, confusion dont la droite a profité en poussant le président à ce vote public totalement confus... un bien mauvais exemple du fonctionnement de ce conseil...

L’ambiance était donc chargée, alors qu’il y avait de nombreux dossiers importants pour les habitants, dont le financement de l’aide à la pierre, donc du logement social, et de la réhabilitation des logements privés.

Comme le groupe EELV ou le groupe GRAM,je suis intervenu pour dire combien la baisse du financement nous mettait dans l’incapacité de répondre à la crise du logement, et notamment pour répondre aux 47 000 demandes de logement social en attente dans l’agglomération. Et comme tous les élus, j’ai bien sûr souligné que c’était d’abord l’état dont les financements chutaient !

Mais Gérard Collomb a tenu à répondre, non pas pour montrer, ce qui est pourtant vrai, que la métropole fait sur ce sujet mieux que l’état, mais pour dénoncer ces demandes de logement en attente qui seraient dues selon lui, à l’explosion des demandeurs d’asile. Et de donner les chiffres comme l’aurait fait Sarkozy ou Le Pen pour désigner un bouc émissaire et détourner la colère des gens concernés. Il y avait 1000 demandeurs en 2009, il y en a plus de 3000 en 2014... [1].

Dont acte. Oui, les demandes d’asile augmentent, parce que la France a fait exploser la Lybie, que nos armes, et parfois nos soldats, sont impliqués dans tout le moyen-orient et l’Afrique dans des guerres qui provoquent des vagues de migration et des centaines de milliers de réfugiés ! La plupart ne cherche pas d’ailleurs à venir en France ! Ils restent proche de chez eux, et beaucoup savent la réalité.Ils ne seront pas bien accueillis dans les pays "riches" ! Et tout le monde sait que la France accueille ces réfugiés au compte-goutte, beaucoup moins que l’Allemagne par exemple !

Mais surtout, que représentent ces 3000 demandeurs d’asile sur les 47000 demandes de logement en attente ! Jouer l’apprenti sorcier en tentant de faire croire qu’ils sont tous demandeurs d’un logement social, ce qui est évidemment faux, et surtout de faire croire aux 44000 autres demandeurs qu’ils n’ont pas de réponse à cause des demandeurs d’asile, est indigne d’un homme politique qui se présente encore "de gauche" et en tout cas "républicain". Il est vrai qu’il ne fait qu’accompagner la dérive droitière du gouvernement Hollande-Valls, de ses cadeaux aux entreprises et ses coupes dans les services publics...

Je peux donner un chiffre précis, comme président de la SACOVIV. En 2014, sur 183 logements attribués, il y avait 22 attributions par la préfecture et 5 "accord collectif" qui regroupent donc les "DALO", et donc s’il y a des demandeurs d’asile, ils en font partie. Ils ne représentent donc que quelques % des logements attribués !

Mais peut-être que Gérard Collomb cherche à tout prix à séduire la droite ? La ville de Vénissieux lui avait demandé d’avoir un représentant au conseil d’administration du nouvel office de logement qui remplace l’ancien OPAC du Rhône dans la métropole. La métropole devait désigner 6 représentants, et il paraissait normal que la troisième ville de la métropole, qui a 3200 logements de cet office, soit représentée ! Mais Gérard Collomb a répondu que c’était impossible car les élus de Vénissieux n’étaient pas dans l’exécutif, tout en désignant Michel Denis, ancien maire de St-Fons élu en 2001 avec le soutien du Fn, mais passé depuis chez les centristes de Synergie, et surtout Yann Campan, UMP, élu de l’opposition dans le conseil municipal de Bron !! Nous avons quand même obtenu que Vénissieux soit représentée par une "personnalité qualifée", Saliha Prudhomme-Latour, adjointe aux affaires sociales...

Mais décidément, quelle mouche de droite a piqué Gérard Collomb ?

[1ordre de grandeur car je n’ai pas noté les chiffres précis qu’il a cité...

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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