Propreté

La métropole du Grand Lyon a annoncé aux communes mi 2022 que celles-ci devraient reprendre la collecte des déchets des marchés forains qui est pourtant assurée par la communauté urbaine depuis ses débuts. Cela a provoqué des réactions nombreuses, y compris des principaux maires de gauche de l’agglomération qui ont rencontrés le président de la métropole à ce sujet. Des discussions sont en cours. Il faut qu’elles aboutissent à assumer un enjeu métropolitain qui est au cœur des objectifs de réduction des déchets annoncés avec force par la métropole.

Cela doit devenir un débat public et sortir des réunions de travail interne. Oui ou non, voulons-nous aller vers des marchés propres, organiser les filières d’approvisionnement avec reprise des emballages, responsabiliser les forains comme tout commerçant prenant soin de son pas de porte, responsabiliser aussi les clients, et réduire fortement l’impact très négatif des marchés sur la propreté urbaine ?

Si les marchés forains sont une compétence municipale, on sait aussi qu’ils sont une réalité largement intercommunale, les forains passent d’un marché à un autre, les filières approvisionnements sont métropolitaines, voire régionales… Tout ces sujets demandent un engagement fort de la métropole, avec les communes. Ouvrons le débat !

Après plusieurs échanges avec des habitants du quartier du Couloud, j’ai décidé comme président de la SACOVIV d’écrire à tous les locataires pour leur exprimer ma colère et ma détermination, tout en faisant appel à leur propre engagement…

Le décalage de la semaine de la propreté et les difficultés météos ont confirmé la fragilité des mobilisations, et donc l’enjeu citoyen de la propreté urbaine. C’était le but du forum sur les incivilités qui a posé le débat, mais on sent bien au fil des éditions de la semaine qu’il faut d’autres formes d’action pour élargir le nombre de citoyens que cette semaine pousse à agir.

Sensibilisation, éducation, communication, les initiatives sont nombreuses, scolaires, de quartier, des agents de la ville, des bailleurs ou de la métropole. Et pourtant chacun sent bien que cela ne suffit pas, que les incivilités ne reculent pas, au contraire, et que ceux qui veulent une ville propre se sentent désarmés devant ceux qui salissent le plus souvent sans se poser aucune question !

Décidément, le forum sur les incivilités ce ce 14 Mai n’a pas eu de chance. La semaine de la propreté a du être reportée, bousculant les agendas, l’affichette invitant au forum n’en précisait pas le lieu, et enfin après une première demi-heure, l’alarme incendie s’est déclenchée en mairie, conduisant les participants à sortir comme tous les agents présents dans tout le bâtiment. Les consignes de sécurité ont été respectées et c’est heureux puisqu’il y avait bien de la fumée dans les sous-sols de la mairie, provenant finalement de l’extérieur, incident provoqué par un jet de mégot… L’intervention des pompiers a permis de sécuriser le lieu et de reprendre la suite du forum…

Mais cet exemple montre qu’un geste que trop de gens considèrent comme banal, jeter un mégot au sol, est une incivilité, qui peut avoir des conséquences, heureusement sans gravité ce soir-là.

Résultat, nous n’avons pas eu le temps de passer les vidéos réalisées par les EPJ et le montage photo prévu, ils seront mis en ligne sur le site de la ville.

Ma contribution à la consultation du projet de programme local de prévention commence par discuter de la démarche elle-même, du sens que l’introduction donne à ce projet, puis aborde le contexte de ce travail, et notamment les leçons à tirer des programmes précédents, avant de discuter successivement de la méthode d’élaboration, du plan d’action, et de l’objectif global. [1].

Ma première remarque porte sur le sens général de ce projet, résumé dans son introduction par cette affirmation « Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas » : tel est l’enjeu de la prévention des déchets.

J’ai déjà eu l’occasion de souligner l’ambiguïté de ce « rejet » des déchets comme quelque chose « d’anormal » à faire disparaitre… Il faudrait n’avoir aucun déchet, c’est le sens de l’expression Territoires zéro déchet, zéro gaspillage (ZDZG)" de l’appel à projet du gouvernement auquel la métropole a répondu.

On ne peut que partager l’expression « zero gaspillage » ! le mot gaspillage vise bien ce qui pouvait être évité, qu’on a consommé sans utilité, dont le traitement souvent couteux représente donc une dépense en pure perte… Zero gaspillage, bien sûr, mais zero déchets ?

La gestion des déchets est historiquement liée au développement de la civilisation, comme l’assainissement ou l’organisation des transports, liée donc à la ville.

  • C’est en 1883, que la « boîte à ordures » du préfet Eugène Poubelle est devenu obligatoire à Paris, la « poubelle » était née…
  • C’est dans les années 1970 qu’un professeur de chimie de l’INSA de Lyon, Alain Navarro, crée le département « génie énergétique et environnement » qui forme notamment des ingénieurs dédiés aux méthodes de traitement des déchets et sera à l’origine de toute une vague de chercheurs et… de projets et décisions politiques.
  • C’est en 1975 qu’une première loi sur la gestion des déchets formalise une politique publique qui sera progressivement enrichi dans le « code de l’environnement » devenu depuis un outil essentiel des politiques urbaines. Les innovations techniques pour recycler, revaloriser, incinérer dans de (très) bonnes conditions environnementales vont se succéder et nous sommes 40 ans après dans un environnement totalement différent. Nous maitrisons mieux que jamais le cycle des déchets et nous sommes capables, techniquement, de réduire très fortement leur impact sanitaire sur notre environnement… Il vaut mieux vivre à coté d’un incinérateur de Lyon en 2018 qu’à coté d’une des innombrables décharges non contrôlées du siècle dernier !
  • Mais les sciences et techniques ne peuvent rien sans les pratiques et les usages des citoyens ! C’est en 1985 que Jean Gouhier, un professeur de géographie de l’université du Mans, en France, formalise la « rudologie », c’est à dire « l’étude des déchets, des rejets et des marges des systèmes économiques et sociaux (de rudus = décombres et de logos = science) ». Et à la formule du projet métropolitain « Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas », je préfère l’aphorisme du rudologue «  Là où l’institution passe, l’ordure trépasse et la rose peut s’épanouir.  » qui fait le lien entre les politiques publiques, les déchets et la qualité du cadre de vie.

Car c’est le cycle production/consommation/valorisation qui est le vrai enjeu de la gestion des déchets et qui nécessite un débat public sur nos consommations, nos pratiques, les modes de production et de distribution pour aller réellement vers une économie circulaire qui considère le déchet non comme une anomalie à supprimer, mais comme une richesse à (re)valoriser, une matière qui doit être considérée comme le départ d’un nouveau cycle.

Il faut alors évidemment viser la réduction des déchets évitables, donc zero gaspillage, mais surtout pousser l’ensemble des acteurs de la consommation à s’interroger sur la valeur économique de nos consommations, en lien avec leur valeur d’usage…

Rien ne vaut un exemple concret que tout le monde connait, celui des couches… Le coût de leur collecte et de leur traitement est-il justifié ? Peut-on réellement s’en passer ? Certaines familles font le choix, le plus souvent porté par les femmes, de couches lavables, mais qui a fait le bilan environnemental comparé ? et qui peut décider que telle ou telle pratique est justifiée ou pas ? Le coût économique du traitement de ces déchets ne peut être un argument acceptable pour culpabiliser ceux et celles, très nombreux, qui font le choix de la couche jetable ! Sur cet exemple, l’enjeu d’une politique publique de gestion des déchets ne peut être de décider à priori qu’il faut les réduire, mais de favoriser un vrai débat technique et citoyen sur les solutions et les usages, sur la conception même des produits qui doit intégrer leur récupération future… et d’organiser au mieux la politique publique de traitement et donc de valorisation des déchets que les pratiques collectivement débattues rendent nécessaires.

De ce point de vue, je considère que l’intitulé même du programme est discutable. Prévention des déchets ? comme on parle de prévention des accidents ou de la délinquance ? Non, le déchet n’est par nature ni un crime, ni un délit, ni une incivilité, c’est le gaspillage, le déchet illégal, le déchet évitable… qui sont des incivilités, et parfois des délits, ou des infractions…

Tout jardinier apprend année après année à comprendre et maitriser les cycles de la végétation, des semences qu’il achète, récupère, ou produit lui-même, aux légumes et fruits qu’il donne, consomme, ou transforme, et des restes dans le jardin et dans la cuisine que le plus souvent, il composte au fonds de son jardin. Il adapte sa production à sa situation, fera moins de haricot et plus de tomates, parceque ses enfants ne mangent pas les haricots… il évitera toujours tout gaspillage ! Mais qui peut lui demander de « réduire ses déchets de jardins », alors même qu’ils lui sont utiles ? Le problème, c’est quand ceux qui produisent et distribuent ne cherchent qu’à maximiser leur propre rentabilité sans prendre en compte le cycle de vie complet de leurs marchandises, et en se préoccupant « peu » [2] de leur valeur d’usage et de l’intérêt public à les concevoir et les produire de telle ou telle manière…

Heureusement, comme le dit le géographe, l’institution est là pour définir des règles ! Travaillons donc aux lois sur l’économie circulaire !

Une semaine de la propreté sous la menace de la pluie, mais qui a permis de valoriser dans de multiples initiatives les efforts des services publics, des bailleurs et d’habitants pour améliorer notre cadre de vie au quotidien en réduisant les salissures, les encombrants, les dépots sauvages…

Je suis heureux d’introduire cette séance du forum du conseil citoyen du développement humain durable dans le cadre de cette nouvelle saison de la semaine de la propreté, et d’autant plus que nous sommes toute une équipe d’adjoints plus fortement mobilisés que jamais sur les objectifs du conseil citoyen, avec Sandrine Perrier, qui pilote la semaine de la propreté, Jean-Maurice Gautin pour le cadre de vie, Mustapha Guvercin pour l’éclairage public, Djil Ben Mabrouk sur l’économie, et quand on parle de valorisation économique, bien entendu, c’est important, tout comme Idir Boumertit pour l’insertion ou Salhia Prudhomme Latour pour le social.

J’ai participé au groupe de travail politique « marché collecte des déchets » animé par le vice-président de la métropole Thierry Philip, groupe qui prépare le renouvellement des marchés publics de la collecte des déchets pour 2017.

On se rappelle qu’il y a 5 ans, la réorganisation de la collecte avec le changement du partage entre régie et privé, et notamment le passage au privé de l’ensemble des villes de Lyon et Villeurbanne, avait provoqué une grève de trois semaines des agents. Cette grève s’était terminée avec notamment l’engagement du président de la métropole de revoir le partage en 2017…

Une semaine de la propreté en pleine semaine des roses avec le congrès mondial des roses à Lyon, et la multiplication de fêtes des voisins, il était difficile de se faire un programme… Il faudra sans doute réfléchir à la date de cette semaine… Pourquoi pas la faire au printemps…après tout, c’est souvent au printemps qu’on fait dans nos maisons un « grand nettoyage »… ?

Cette 6e édition de la semaine de la propreté a été préparé dans les conditions particulières de l’absence de maire et de conseil municipal, et cela n’a pas vraiment aidé la mobilisation des conseils de quartier et associations, mais les services municipaux avaient préparé un programme très intéressant, qui a permis de réussir encore une fois cette semaine de mobilisation pour la propreté avec tous les partenaires de la ville.

C’est pour la première fois une soirée cinéma qui était le moment fort de la semaine et permettait de remercier l’ensemble des participants, avec un film extraordinaire sur la mobilisation de citoyens et de citoyennes en Turquie, un documentaire du cinéaste turc Fatih Akın, sous-titré bien sûr, mais passionnant pour la découverte de la vie sociale et politique turque, avec la place des femmes dans le travail, la vie quotidienne et la mobilisation… Le film se conclut sur le visage d’une femme magnifique qui dit « si j’étais encore jeune, j’aurai mis le feu, et il ne serait rien resté… mais personne ne m’aurait suivie… ». Cela se passe dans le village de Çamburnu au bord de la Mer Noire, dans des paysages magnifiques, mais marqués par la présence partout des déchets, y compris sur les plages de baignade…