Avec les salariés de JST à Lyon 8eme

, par  Pierre-Alain , popularité : 30%

C’est dur, très dur, de reprendre le boulot après des semaines de grève sans rien avoir obtenu, devant un patron sûr de lui, sûr de ses soutiens et d’un rapport de force qui lui permet de traiter les grévistes comme des vaincus.

C’est pourquoi je tiens à renouveler ma solidarité et mon amitié aux grévistes de JST à Lyon 8eme. Leur revendication principale était très mesurée. Ils ne demandaient que le rattrapage de leur pouvoir d’achat, là où beaucoup de grèves demandent une nette augmentation des salaires. Ils savaient que l’entreprise devait livrer un de ces transformateurs très haute tension, un équipement important des centrales électriques. Ils pensaient que cela conduirait le patron à chercher un accord.

Mais leur patron est le nr 2 du MEDEF local, et il a voulu démontrer qu’il était seul au pouvoir sur l’entreprise, que les salariés n’ont rien à dire, rien à négocier, qu’ils ne sont que des exécutants du travail qu’on leur donne.

Comme le dit le célèbre spéculateur milliardaire Warren Buffet "la guerre de classe existe, et c’est la mienne, celle des riches, qui est en train de la gagner"... Oui, c’est bien une guerre de classe qui se joue dans les entreprises et quand ils le peuvent, les patrons sont prêt au pire, refusant tout compromis et même tout geste d’apaisement. Le patronat "social" est bien loin, et même évidemment ce patronat "éthique" que veulent nous vendre certains spécialistes du marketing de l’entreprise citoyenne.

Et le plus grave, c’est que l’état n’est pas du tout au dessus de ces luttes, au contraire, il est tout entier au service des plus riches, du patronat.

Ainsi, le patron était effectivement inquiet de la grève quand dans les premières semaines, elle bloquait l’expédition du transformateur. Et il a obtenu de la justice une décision injuste, violente, contraignant les grévistes à lever leur blocage, et à continuer une grève qui n’était plus bloquante pour le patron. C’est donc bien la justice qui est intervenue en sa faveur contre les salariés.

Et c’est toujours l’état et sa politique de privatisation et de déréglementation du secteur de l’énergie qui explique les difficultés économiques de l’entreprise. C’était un des sites industriels phare d’une grande entreprise françaises, Schneider, et ce site est le dernier site de production en France de transformateurs de très haute tension, ceux qui sont nécessaires à la sortie des centrales électriques. La privatisation d’EDF a cassé le lien qui existait entre le service public de l’électricité et la filière industrielle des transformateurs. EDF se fournit dorénavant sur le marché mondial, et, de toute façon, n’a plus de plan d’investissement pour la production électrique.

Et pourtant, cette entreprise concentre des trésors de technologies, de compétences, de savoir-faire. Et si on donne la parole aux salariés, ouvriers, techniciens, ingénieurs, ils trouveront comment valoriser ces savoir-faire ! Contrairement au discours patronal, qui convainc malheureusement trop de salariés, ce n’est pas une légère hausse de salaire qui fragilise l’entreprise ! Au contraire, c’est le non respect des salariés, une gestion d’entreprise guidée par la seule rentabilité à court-terme, l’incapacité à reconstruire des filières technologiques et industrielles cohérentes !

La solution pour l’entreprise JST comme pour toutes les entreprises est dans l’intelligence de salariés. Alors solidarité avec les (anciens) grévistes de JST !

Certains se diront peut-être, ils n’ont pas gagné, ce qui prouve qu’il est inutile de s’organiser et d’agir. Ils ont complètement tort, comme le dit Marx dans le manifeste,

Parfois, les ouvriers triomphent ; mais c’est un triomphe éphémère. Le résultat véritable de leurs luttes est moins le succès immédiat que l’union grandissante des travailleurs

Parfois, comme le dit Marx, et donc souvent, les ouvriers ne gagnent pas face aux patrons, mais s’ils ont construit leur unité, c’est le véritable succès de leur luttes.

C’est pourquoi je renouvelle mes remerciements et mon soutien aux salariés de JST

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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