Meilleurs voeux 2019 de rencontres et d’actions
Que les gens de peu se fassent entendre encore plus nombreux et unis !

, par  Pierre-Alain , popularité : 31%

Loin de l’année "de la cohésion" annoncée il y a un an dans les vœux présidentiels , 2018 a été l’année de toutes les fractures, celle de ce nouveau monde né d’une surprise présidentielle et qui prétendait dicter la loi de la fortune, celle d’un monde du travail éclaté qui n’en peut plus des fins de mois impossibles, celle d’une vie politique et médiatique en rupture avec la parole des Français, jusqu’à cette accumulation des colères bousculant les décisions gouvernementales.

Le grand chambardement de 2017 n’était qu’une illusion et, un siècle après la grande guerre, 230 ans après la révolution Française, nous comprenons tous que l’histoire n’est pas finie, qu’il est urgent, au contraire, d’inventer enfin un avenir de liberté, d’égalité et de fraternité.

Je nous souhaite une année 2019 de mobilisations et d’actions, une grande parade, en jaune, en rouge, en bleu, en vert, comme celle que nous propose le peintre Fernand Leger.

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Meilleurs voeux 2019
pour vous et vos proches

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Pierre-Alain Millet
adjoint au maire de Vénissieux
conseiller métropolitain du Grand Lyon


Et comme toutes les mobilisations populaires sont toujours marquées par l’énergie des "gens d’en bas", les gens de peu comme le dit le poète Jean Richepin dans la chanson des gueux, et l’étonnement des "gens d’en haut", savourons ce poème mis en musique par Brassens..

Les oiseaux de passage [1]

Ô vie heureuse des bourgeois. Qu’avril bourgeonne
Ou que décembre gèle ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne
Ça lui suffit il sait que l’amour n’a qu’un temps.
 
Ce dindon a toujours béni sa destinée
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs. C’est la que je suis née
Je meurs près de ma mère et j’ai fait mon devoir.
 
Elle a fait son devoir, c’est à dire que onques
Elle n’eut de souhait impossibles elle n’eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L’emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.
 
Et tous sont ainsi faits : vivre la même vie,
Toujours, pour ces gens là, cela n’est point hideux.
Ce canard n’a qu’un bec et n’eut jamais envie
Ou de n’en plus avoir, ou bien d’en avoir deux.
 
Ils n’ont aucun besoin de baisers sur les lèvres
Et loin des songes vains, loin des soucis cuisants
Possèdent pour tout cœur un viscère sans fièvre
Un coucou régulier et garanti dix ans.
 
Ô les gens bien heureux, tout à coup, dans l’espace
Si haut qu’ils semblent aller, lentement, un grand vol
En forme de triangle, arrive, plane et passe.
Où vont ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !
 
Regardez les passer, eux, ce sont les sauvages
Ils vont où leur désir le veut par dessus monts
Et bois et mers et vents et loin des esclavages
L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons.
 
Regardez les avant d’atteindre sa chimère
Plus d’un l’aile rompue et du sang plein les yeux
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.
 
Pour choyer cette femme et nourrir cette mère
Ils pouvaient devenir volailles comme vous
Mais ils sont avant tout des fils de la chimère
Des assoiffés d’azur, des poètes, des fous.
 
Regardez-les vieux coqs, jeune oie édifiante
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu’eux.
Et le peu qui viendra d’eux à vous, c’est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.

[1Note : Les oiseaux de passage est à l’origine un poème de Jean Richepin tiré du recueil La chanson des gueux. Du même recueil Brassens a tiré la chanson Les philistins. Le poème est long, et Brassens a "coupé" dedans, et choisi seulement certaines strophes pour en faire sa chanson.

"La chanson des gueux", qui semble avoir une certaine importance dans la bibliothèque de Brassens, valut à son auteur 1 mois de prison et 500 francs d’amende, et est aujourd’hui introuvable en librairie.

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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