Agir pour retrouver les Grandes Terres

, par  Pierre-Alain , popularité : 20%

Avec cette convention, nous assurons le minimum pour maintenir les grandes terres.
La ville de Feyzin assure ces missions pour les trois communes, avec un financement métropolitain de 80K€, la moitié du budget du syndicat en 2014.

Le choc de la dissolution du syndicat a été brutal. La décision du préfet n’avait été précédée d’aucune discussion pour garantir les missions de services publics, comme si le préfet ne savait pas ce qui se faisait ici, cette incroyable réussite d’un espace agricole et naturel qui battait des records de biodiversité aux portes d’une grande agglomération. Il faut en rappeler son histoire.

De 1998 à 2003, c’est par une convention, déjà, entre les trois communes, que le plateau des grandes terres est devenu un espace public du projet nature de la communauté urbaine, et que nous avons commencé à faire vivre ce site, après le nettoyage infernal de tous les déchets qui s’y trouvaient, et la clôture nécessaire du site aux véhicules. Les activités d’animation, de plantations, de communication, de surveillance… se sont mises en places progressivement.

Mais le fonctionnement par convention était lourd. Il fallait valider la maitrise d’ouvrage de la ville de Feyzin chaque année, et peu d’élus s’impliquaient dans ce fonctionnement. Parfois, des communes délibéraient sur le programme… de l’année précédente. Pas de visibilité pour les agents, peu d’engagements d’élus.

La création du syndicat en 2003 est venue simplifier les procédures, et pousser à l’engagement de plus en plus d’élus des trois communes. Résultat, une progression constante des actions et couronnement en 2011, une convention tri-annuelle avec la métropole qui apportait une vraie visibilité aux actions, permettant par exemple d’engager l’expérimentation de l’utilisation du BRF, le broyat de feuillages utilisé comme une protection des sols par les agriculteurs.

Cette réussite peut se résumer en un constat. Le nombre d’espèces d’oiseaux nicheuses observés par les ornithologues qui suivaient le site est passé de 3 à 43 en dix ans ! Une telle biodiversité aux portes de l’agglomération est un exemple unique, qu’un préfet a décidé de couper sans états d’âmes.

Et la dissolution du syndicat est tombée fin 2014, quelques semaines avant l’annulation des élections municipales de Vénissieux, et il est vraiment dommage que nous n’ayons pas pu contester juridiquement cette dissolution, comme l’avait fait en 2010 avec succès le SIGERLY.

Alors en 2015, les services de Feyzin ont fait au mieux, et nous délibérons pour faire au mieux jusqu’à fin 2016, mais il est essentiel que la métropole réinvente une organisation de proximité qui permette de retrouver la réactivité et la convivialité qu’avait construite le syndicat. Il faut un budget géré localement, il faut un comité de suivi avec les élus permettant de faire du plan d’action un objectif politique partagé, et s’il faut faire des choix parce que les temps sont durs, ces choix ne doivent pas être fait dans un bureau comptable de la métropole mais par les élus des trois communes.

Il faut lister ce que nous avons perdu et qu’il faudra donc mettre sur la table d’une nouvelle organisation de proximité : demain
- Le syndicat faisait travailler les agriculteurs pour la propreté par exemple, ce qui était très important pour faire un lien entre la vocation agricole du site et sa vocation d’espace nature ouvert au public, ce sont désormais les services de la ville qui l’assurent.
- Les terres fleuries n’existent plus, elles étaient une des images fortes du plateau
- Le suivi de la faune et de la flore est arrêté, des aménagements comme la plantation de cosmos sont fait sans l’avis des naturalistes qui garantissait l’accroissement de la biodiversité
- Arrêt des plantations de haies par les écoles qui était le symbole du lien entre vocation pédagogique et espace nature
- Les animations pédagogiques ont cessées à la rentrée dernière
- L’expérience de BRF est arrêté et la plateforme de stockage devenu inutile. Coup du sort, elle a d’ailleurs brulé l’an dernier.

Avec cette convention, les services vont faire au mieux avec le budget alloué, mais il nous reste l’année 2016 pour réinventer les grandes terres que nous voulons. J’en profite pour dire que le site internet qui avait été arrêté a été rouvert, dans une démarche citoyenne, allez le voir, et vous ou trouverez des images et documents de cette belle histoire que nous voulons continuer.

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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