Semaine de la propreté 2016

Passer d’une habitude de déchet à un effort de valorisation...

, par  Pierre-Alain , popularité : 11%

Je suis heureux d’introduire cette séance du forum du conseil citoyen du développement humain durable dans le cadre de cette nouvelle saison de la semaine de la propreté, et d’autant plus que nous sommes toute une équipe d’adjoints plus fortement mobilisés que jamais sur les objectifs du conseil citoyen, avec Sandrine Perrier, qui pilote la semaine de la propreté, Jean-Maurice Gautin pour le cadre de vie, Mustapha Guvercin pour l’éclairage public, Djil Ben Mabrouk sur l’économie, et quand on parle de valorisation économique, bien entendu, c’est important, tout comme Idir Boumertit pour l’insertion ou Salhia Prudhomme Latour pour le social.

Vous le savez, parler de développement humain durable, c’est parler tout à la fois d’environnement, d’économie, de social et de citoyenneté, c’est en fait, faire de la politique comme elle devrait être sur tous les sujets, au service de l’intérêt général. Et je peux vous raconter une anecdote. La ville est engagée dans une labellisation sur l’énergie avec un prestataire agréé par l’état qui vient évaluer notre travail et je peux vous dire qu’à la dernière réunion à la quelle participaient 8 adjoints, le prestataire était impressionné... il n’y a pas beaucoup de villes ou autant d’adjoints se coordonnent au service d’un politique de développement durable.

Je suis tout aussi heureux du thème de ce forum sur les encombrants, le recyclage, et plus globalement de ce que pourrait être ce qu’on appelle une "économie circulaire". Car on mesure tous qu’une économie qui repose sur l’exploitation de ressources lointaines pour une consommation locale ne produisant que des déchets est inégale bien sûr, mais aussi dangereuse... Au contraire, la recherche de cycles valorisant au mieux les ressources, recyclant ce qui peut l’être, valorisant de tout un tas de manières ce qu’on ne peut plus utiliser, est au cœur d’une autre conception de l’économie, dans laquelle ce ne sont plus la pression à la baisse des coûts des ressources et à la hausse des marges des distributeurs qui dominent les décisions, mais au contraire l’efficacité dans la valorisation globale des ressources au service de l’intérêt général.

Quand on y réfléchit, c’est une question très politique ! Permettez-moi de le dire ici, c’est un défi au coeur de la conception de la société et des échanges internationaux. Soit la libre concurrence de tous contre tous, et alors, c’est la loi du plus malin pour acheter au moins cher et revendre au plus cher, quelque soit l’impact social et environnemental. Soit c’est la loi de l’intérêt général, qui vient organiser les échanges autrement que par le marché, ou contrôler ce marché pour imposer des règles sociales et environnementales. Bref, je crois qu’au fonds, c’est l’alternative entre coopération et concurrence, et tant que les politiques et décideurs économiques veulent nous faire croire qu’il faut être plus productif que les autres pour pouvoir les battre dans la concurrence, et bien l’économie ne pourra être au service de l’intérêt général...

Ce n’est donc pas par hasard que nous travaillons à Vénissieux à un nouvel agenda 21 qui s’appuierait entre autres sur toutes les expériences dont nous allons parler ce soir. Comment construire autour de tous les biens de consommation, alimentaire, santé, ameublement, moyens de déplacements, un autre rapport entre les habitants, les commerces, et la production ? Comment ne pas être le jouet de campagnes publicitaires tapageuses qui imposent presque nos achats, comment faire grandir l’intérêt du plus grand nombre sur les conditions de production d’un objet, sur les conditions de transport, et sur la valeur potentielle d’un bien devenu inutilisable, d’un déchet.

Si le consommateur n’est pas aussi un citoyen qui s’intéresse à toutes ces questions, alors il ne pourra jamais défendre ses intérêts, car l’intérêt général, ce n’est pas de courir derrière les soldes en espérant trouver "un bon prix" d’achat, mais d’être sûr de la qualité du produit qu’on trouve, du service qu’il nous rendra, de sa durée de vie, de ce qu’on jettera... ce qu’on pourrait appeler un coût total...

Si nous sommes dans la semaine de la propreté, vous le savez, il ne s’agit pas que de propreté. Bien sûr nous tenons à ce droit à la propreté justement dans nos quartiers qui cumulent tellement d’injustices, nous y tenons comme le droit au beau, qu’évoquait Michèle Picard pour la 4eme fleur. Mais à travers la propreté, nous voulons faire l’effort d’un autre rapport à la consommation à travers un autre rapport aux déchets. Que faire de nos encombrants ? la question est bien sûr très concrète quand ces encombrants sont déposés sur nos trottoirs ou au pied de nos immeubles, mais ces dépôts sauvages sont un signe de ce sentiment que plus rien n’a de valeur, que le citoyen n’existe que comme consommateur.

C’est pourquoi je suis très sceptique sur tous ceux qui d’une manière ou d’une autre justifient les dépôts sauvages en parlant des difficultés de transport, de véhicules d’horaires qui rendraient la déchetterie trop compliquée... Or, 100% de ceux qui ont jeté un encombrant sur la voie publique avait fait venir un produit neuf ou d’occasion et ne nous avait jamais demandé comment se faire livrer ! C’est bien parce que l’usager ne se sent pas responsable de son cadre de vie, et considère l’encombrant comme un déchet qu’il se sent autorisé à le déposer n’importe où. Quand il pense qu’il a de la valeur, il cherche comment le vendre, et bien sûr, avec un peu de civisme, il l’emporte jusqu’à la déchetterie...

Donc, poser la question du recyclage, de la valorisation, c’est interroger notre rapport à la consommation et donc notre attitude de citoyen, qui peut être producteur, réparateur, réutilisateur, inventeur, et pas seulement consommateur. C’est ce que nous allons faire à travers notre prochain agenda 21 et le forum de ce soir en est une excellente introduction.

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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