Etonnante déontologie du lobby des énergies renouvelables

, par  Pierre-Alain , popularité : 23%

L’association Sauvons le climat qui fournit de nombreux éléments scientifiques pour comprendre les enjeux climatiques et l’efficacité des différentes solutions proposées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, alerte sur le poids de l’affairisme dans les lobbys qui pèsent dans le débat public sur le plan climat, les décisions du Grenelle...

Il m’a paru utile de le faire connaitre...

Le SER mène le bal....

A l’issue de son Assemblée Générale du 16 novembre, le Syndicat des
Energies Renouvelables (SER) a élu son nouveau Président, Jean-Louis
Bal (1) . L’actuel directeur des Energies Renouvelables à l’ADEME
succèdera le 1er mars 2011 à André Antolini qui, depuis 13 ans, a
dirigé et développé le SER, lequel compte aujourd’hui 550
entreprises. Ingénieur de formation, Jean-Louis Bal a travaillé dans
le domaine de l’énergie solaire, dans le secteur privé, durant 17 ans
avant de rejoindre l’ADEME en 1992. Il est l’un des grands promoteurs
des énergies renouvelables en France, et a été l’un des principaux
rapporteurs du Grenelle de l’environnement.

André Antolini restera dans l’équipe dirigeante du syndicat,
puisqu’il est nommé Président d’honneur et aura une mission de « 
conseiller spécial » du nouveau Président. Au cours de ses 13 ans de
règne, André Antolini s’est montré un lobbyiste hors pair, passé de
l’immobilier (plusieurs fois élu à la tête de la Fédération Nationale
des Promoteurs et Constructeurs) au renouvelable, pour diriger la « 
Société Internationale d’Investissements Financiers », alors basée à
& Luxembourg .

Le pantouflage d’un haut responsable d’un organisme public vers ce
qu’il faut bien appeler un groupe de pression (un lobby en anglais)
privé, et ce, précisément, dans le secteur dont il avait la charge,
ne pose-t-il pas un sérieux problème d’éthique et de déontologie ?
Personne ne semble véritablement s’en soucier.

On peut tout de même s’interroger, en l’occurrence, sur
l’applicabilité de l’article 432-13 du Code Pénal qui « punit de deux
ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende le fait, par une
personne ayant été chargée, en tant que fonctionnaire public ou agent
ou préposé d’une administration publique, à raison même de sa
fonction, soit d’assurer la surveillance ou le contrôle d’une
entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec
une entreprise privée, soit d’exprimer son avis sur les opérations
effectuées par une entreprise privée, de prendre ou de recevoir une
participation par travail, conseil ou capitaux dans l’une de ces
entreprises avant l’expiration d’un délai de cinq ans suivant la
cessation de cette fonction ». Forçant le trait, trouverait-on normal
qu’un(e) Ministre de l’Economie et des Finances quitte son poste pour
prendre la tête du MEDEF ?

Cet échange de bons procédés et de responsables entre l’ADEME et le
SER nous paraît révélatrice du fonctionnement d’un lobby qui, sous
prétexte de sa mission (l’environnement, y compris sous l’angle
climatique, et la maîtrise de l’énergie) n’a, depuis sa création, eu
de cesse que de combattre le nucléaire civil tout en favorisant
l’affairisme le plus échevelé, en poussant à la construction
d’installations éoliennes et solaires, aussi dispendieuses
qu’inefficaces sur tous les plans.

Nous voulons croire, peut être naïvement, que les nouveaux ministres,
Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson, prendront la pleine mesure
d’une consanguinité préjudiciable à la politique énergétique de la
France et feront le nécessaire pour que ce ne soit pas « le SER qui
mène le bal ».

(1)Le Moniteur du 17/11/2010

Voir en ligne : communiqué sur le site de SLC

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