Pesticide agricole aux Grandes Terres ?

, par  Pierre-Alain , popularité : 31%

Une habitante des Minguettes qui se promène souvent sur le plateau des Grandes Terres écrit au maire car elle s’inquiète de l’utilisation par les agriculteurs de produits qui pourraient être dangereux pour les promeneurs. Elle a constaté notamment pendant une promenade l’épandage de "cypermethrine" et une recherche sur internet l’a fortement inquiété. Elle évoque aussi l’épandage d’un produit par hélicoptère il y a quelques années.

Bien entendu, elle aura une réponse détaillée prochainement, mais il m’a paru utile de faire connaitre largement les principaux éléments de réponses des agriculteurs travaillant avec le syndicat intercommunal des grandes terres.

JPEG
Les agriculteurs utilisent effectivement ce produit, et ils n’ont pas le choix, c’est une obligation qui leur est imposée par le préfet, donc l’état. Il s’agit de l’action contre la Chrysomèle, un insecte importé des USA et qui détruit les cultures.

Il y a 3 ans, l’état avait tenté une opération lourde de traitement de très grandes zones agricoles par hélicoptère pour tenter d’éradiquer l’insecte, opération qui n’a pas été un succès, et depuis, l’(état impose aux agriculteurs de traiter alternativement lors du semis avec ce produit ou du "téfluthrine" les zones où l’insecte a été identifié.

PNG

Si les agriculteurs assument le coût de ces traitements, ils n’en sont donc pas les décideurs, et ils font face à une vraie difficulté qui fait partie de leurs métiers. Comme pour la santé humaine avec les virus, la santé des végétaux est aussi soumise à des risques qui peuvent devenir des catastrophes agricoles et humaines, comme le mildiou de la pomme de terre en Irlande, et qui font qu’une des dimensions historiques du métier d’agriculteur, c’est de lutter contre les maladies et de choisir ses semences, ce qui a conduit par exemple à généraliser en France le blé d’Odessa au début du 19ème siècle, plus résistant que les blés locaux...

L’intérêt du plateau des Grandes Terres est justement d’être un espace agricole préservé, et un espace nature de balade et de sensibilisation. Depuis 20 ans, beaucoup d’actions ont été conduites pour la biodiversité de cet espace, pour le rendre accessible dans de bonnes conditions aux promeneurs tout en préservant le travail des agriculteurs, qui de leur coté, font beaucoup d’efforts pour une agriculture raisonnée, réduisant au mieux les intrants, et contribuant beaucoup à l’aménagement de l’espace...

Mais reste la question des produits... Est-ce que ces traitements, téfluthrine et cypermethrine sont dangereux pour le promeneur et au passage pour la paysan lui-même ? Si on peut effectivement trouver beaucoup de chose sur Internet, il faut toujours faire attention à prendre en compte toute les informations pour avoir un point de vue argumenté. D’abord ce sont les produits choisis par des organismes publics et pour lesquels des protocoles d’utilisations sont définis. Il est par exemple nécessaire à celui qui prépare les traitements de porter un masque, mais pas pour l’épandage.

La difficulté est de savoir à qui on peut faire confiance dans un monde marqué par des grands intérêts privés. Je crois que le plateau des grandes terres peut être un cadre d’expériences utiles pour échanger entre riverains, agriculteurs, spécialistes agricoles, sanitaires, chimistes... en faisant confiance aux relations directes et personnelles plutôt qu’aux groupes de pression de toutes sortes... Internet est un excellent outil pour chercher de l’information mais comme pour toute presse, il reste nécessaire d’identifier les sources, le contexte d’une information...

Cette question posée pourrait peut-être pousser à organiser une rencontre de riverains et d’agriculteurs sur toutes les relations entre ces deux usagers de ce bel espace agricole péri-urbain...

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

Navigation

Brèves Toutes les brèves