Pour un développement humain durable Intervention au premier conseil citoyen du 25 Novembre

, par  Pierre-Alain , popularité : 35%

Je souhaite vous lire tout d’abord le préambule de l’agenda 21 adopté par l’ONU à Rio en 1992 :

« L’humanité se trouve à un moment crucial de son histoire. Nous assistons actuellement à la perpétuation des disparités entre les nations et à l’intérieur des nations, à une aggravation de la pauvreté, de la faim, de l’état de santé et de l’analphabétisme, et à la détérioration continue des écosystèmes dont nous sommes tributaires pour notre bien-être. Mais si nous intégrons les questions d’environnement et de développement et si nous accordons une plus grande attention à ces questions, nous pourrons satisfaire les besoins fondamentaux, améliorer le niveau de vie pour tous, mieux protéger et mieux gérer les écosystèmes et assurer un avenir plus sûr et plus prospère. »

C’est dans cet esprit que nous considérons le développement durable en lien direct avec notre lutte contre la pauvreté, que nous voulons nous organiser dans la ville, intervenir dans l’agglomération pour faire face à ces défis, contribuer à la responsabilité individuelle et collective pour une ville humaine de haute qualité environnementale. Et nous pouvons tirer les leçons de notre expérience.

Concernant l’efficacité énergétique

Notre réseau de chaleur est un outil de l’efficacité énergétique que nous rendons depuis 10 ans moins dépendant du pétrole avec la cogénération, les graisses animales, la chaufferie bois. Rien n’est facile et les experts qui nous promettent la lune ne sont souvent plus là quand ça ne marche pas. C’est le cas vous le savez de la chaudière bois, mais si cette chaudière produit peu, ce qu’elle produit montre qu’il faudra continuer à diversifier les sources de chaleur, réduire la part du pétrole et du gaz, aller vers une réponse publique plus large de l’approvisionnement, la production et la distribution, et nous battre pour une priorité absolue à l’efficacité énergétique. Pour cela, nous travaillons sur l’éclairage public, l’audit énergétique des bâtiments municipaux, l’opération programmée d’amélioration thermique de l’habitat notamment pour le parc immobilier ancien. Mais qui va décider des moyens financiers qui seraient évidemment plus nécessaires et plus rentables que pour sauver les financiers !

Concernant La gestion des déchets

Nous dépensons une énergie quotidienne pour nettoyer nos espaces publics, ramasser des encombrants, voire des ordures, un peu partout et même devant la déchetterie, les sacs plastiques du marché, des huiles et débris mécaniques sur les parkings. Nous aménageons les espaces pour supprimer les dépôts sauvages, nous continuons l’embellissement de la ville que beaucoup nous envie, nous développons le compostage en pavillonnaire, nous espérons l’agrandissement prochain de la déchetterie. Mais comment gagner un véritable « retour social » de la gestion des déchets pour mobiliser les habitants sur le droit à la propreté ? Peut-on réduire l’incivilité, faire progresser le tri sélectif, supprimer les sacs plastiques jetables, ouvrir des lieux de réparation automobiles collectifs, de récupération et recyclages...? Comment changer d’échelle avec les Vénissians dans le cadre de la compétence du Grand Lyon, pour limiter, trier, revaloriser les déchets, et refuser la ségrégation sociale de la propreté, entre éco-quartiers et guetto-quartiers ?

Concernant La qualité environnementale

Le fleurissement est un atout connu de Vénissieux, moins nos efforts pour la qualité environnementale ; plantations à faible consommation d’eau, désherbage thermique pour limiter les pesticides, capteur sur l’hôtel de ville pour la qualité de l’air. Nous voulons une qualité de vie dans une ville où on travaille. Contre l’étalement urbain des zones industrielles, nous voulons une industrie urbaine de haute qualité environnementale pour les salariés comme pour les habitants, réduisant les polluants dans le nettoyage, la production. Porte Sud de l’agglomération, nous voulons nous enrichir de la proximité de la campagne, des zones maraichères, des espaces de balade, de découverte. Mais comment sortir avec le Grand Lyon de l’émiettement des domanialités, remettre à niveau les espaces publics comme le parking Komarov qui sont à l’abandon, aménager un cadre de vie pour vivre la ville à ses différentes échelles, mon allée, mon immeuble, mon ilot, mon quartier ?

Concernant Le droit au déplacement

Le transport de marchandises est indispensable à une ville ou on habite et travaille. Des infrastructures qui respectent le cadre de vie sont essentielles ; prolongement rapide du BUE, déplacement du centre de groupage, contournement fret complet et respectueux des habitants, développement de la gare de Vénissieux comme noeud multimodal... De grands projets ont été décidés pour sortir de la blessure qu’a représenté le tunnel de Fourvière et lancer le grand chantier du Confluent. Pourquoi pas pour le périphérique et nos quartiers ? Le Tramway va renforcer nos conditions de déplacement. Comment promouvoir les déplacements « doux », innerver tous les quartiers par des réponses publiques afin de réduire la place de la voiture ? A quand un « Velov » à Vénissieux ? Et comment poser en sécurité son vélo, sa moto chez soi, à la station, en centre ville ? Comment reposer la question du prolongement du métro sur les portes Sud ?

Ce sont tous ces objectifs que nous voulons aborder avec le conseil citoyen pour un développement humain durable que nous lançons ce soir. Il va associer des habitants en relation avec les conseils de quartier, des associations locales, les entreprises, des représentants des salariés, des commerçants et artisans, et j’’espère un représentant des agriculteurs.

Nous allons ensemble et progressivement construire une « co-responsabilité » pour faire évoluer des pratiques de consommation, de rejet, de circulation, de chauffage. Nous voulons multiplier des actions concrètes qui considèrent les Vénissians en acteurs, capables de décisions, d’exemples, sans « donneurs de leçons » venant « diffuser » la bonne parole. Tous les acteurs peuvent prendre leur place dans ce défi environnemental pour faire un état des lieux, fixer des priorités, soutenir des projets, faire connaître les débats, parfois contradictoires, qui permette de comprendre les enjeux et les décisions prises, suivre les réalisations et leur impact sur la qualité de vie... C’est le sens de cette soirée avec 4 témoignages différents, une institution le Grand Lyon, pour nous parler des enjeux des déchets, une entreprise, la SERNED, pour nous parler de l’environnement vue d’une entreprise industrielle dans la ville, et deux associations, une, « sauvons le climat » pour évoquer le changement climatique et les enjeux de l’énergie, et une Passe-Jardins pour nous parler de la nature dans la ville

Je voudrais avant de passer la parole au premier témoin, répéter qu’il y a urgence pour l’humanité, car la crise environnementale ne peut être séparée de la crise économique et financière, de milliards surgis des banques centrales qui pèseront sur les revenus du travail pour sauver la bourse quand partout on cherche les financements nécessaires à des besoins sociaux et environnementaux urgents.

Nous devons sortir d’un mode de développement qui détruit la planète et écrase l’immense majorité de l’humanité. Il n’est pas de développement durable dans une société qui développe les bidonvilles, dans des rapports internationaux inégaux fondés sur la force, pas de développement durable en opposant la planète et l’humanité, en ayant peur de la Chine ou de l’Afrique. Pendant que les inégalités écrasent les pauvres, les gâchis continuent et on déforeste en Amazonie pour des bio-carburants qui feront rouler les 4x4 Californiens !

Au contraire, c’est en répondant aux besoins des plus pauvres au Nord comme au Sud, que nous trouverons des formes de développement efficaces au plan énergétique, durable au plan environnemental, fraternelles au plan social. C’est pourquoi nous parlons du développement humain pour le droit durable au logement, au transport, à la santé, à l’éducation, à la culture, à tout ce qui contribue à l’épanouissement humain.

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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