deux questions sur l’énergie Interview pour l’élu d’aujoiurdh’ui

, par  Pierre-Alain , popularité : 27%

Article paru dans le mensuel "l’élu d’aujourd’hui" de septembre 2010

L’élu d’aujourd’hui : Y a-t-il une solution sans le nucléaire aujourd’hui en France, qui représente 78 % de nos sources d’énergie ?

Très directement, NON ! Pour justifier le contraire, de faux
écologistes sont prêt à tout dire : Ainsi de la décroissance, qui est
indéfendable socialement quand on fait la liste des immenses besoins
humains légitimes qui restent sans réponses, en France comme sur la
planète ; droit à un logement de qualité, au transport collectif, à la
culture, la communication, droit au voyage. Un seul exemple, la ligne de
train Lyon-Milan nécessite une tranche électrique supplémentaire !

Pire, après avoir accéléré la dérèglementation du marché de
l’électricité avec un tarif d’achat garanti exorbitant pour le
photovoltaïque et l’éolien, les affairistes du capitalisme vert tentent
d’imposer le "compteur intelligent", dont la seule capacité sera de
transformer le droit à l’électricité avec un prix garanti du à la
péréquation du service public, en un marché qui servira les "gros" à bas
prix tout en délestant les petits consommateurs en cas de besoin. Car le
vent et le soleil étant intermittent, il faut du gaz (en France) ou du
charbon (en Allemagne) pour les compléter, et comme il est difficile
d’équilibrer un réseau intermittent, il faut pouvoir réduire la
fourniture quand la production ne peut plus suivre...

Renouveler et développer le nucléaire, à coté du solaire, en
développant les réseaux de chaleur biomasse, en accélérant la recherche
pour le stockage de l’électricité, c’est un choix indispensable pour
reconstruire un grand service public de l’énergie.

L’élu d’aujourd’hui : Que rapporte en termes d’emplois et d’équipement du territoire les
énergies renouvelables à Vénissieux ?

L’impact en terme d’emploi est mal connu et assez faible, quelques
artisans et PME qui ont trouvé une activité complémentaire dans
l’installation de photovoltaïques, quelques bureaux d’études. Par
contre, l’impact en équipement est important, pour l’essentiel par des
investissements publics. D’abord le réseau de chaleur municipal et sa
chaufferie bois de 12 MW, mais aussi une nouvelle chaudière bois d’un
groupe scolaire (350kW). Deux bâtiments municipaux équipés de toits
photovoltaïques ; un gymnase et la maison des associations. Ces deux
exemples montrent d’ailleurs que malgré le tarif de rachat élevé, la
rentabilité de l’opération complète pour la ville n’est pas évidente ;
près de 18 ans pour un retour sur investissement ! Nous avons aussi 11
tours de logements aux Minguettes qui bénéficient de solaire thermique
produisant 30% des besoins en eau chaude sanitaire, et du photovoltaïque
qui soulage les factures d’énergies, et un nouveau bâtiment locatif
social "basse consommation" avec toiture photovoltaïque, réalisé par la
société de logement de la ville... Pour l’anecdote, la ville vient aussi
d’installer un lampadaire photovoltaïque à Led...

De nombreux équipements de toute taille donc et sans doute plus d’une
dizaine d’initiatives privées. L’écart entre la réalité d’équipements
importants et l’absence de gain en emploi pour la ville ou
l’agglomération éclaire bien l’effet marketing des discours sur la
nouveauté que représenterait l’économie verte. Dans le photovoltaïque
comme dans l’automobile, si c’est la rentabilité du capital qui décide,
l’emploi sera partout réduit, précarisé ou délocalisé !

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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