J’ai discuté avec beaucoup d’habitants, dans les rencontres de quartiers organisées par Michèle Picard en juin et juillet, dans des rencontres personnelles… Vénissieux est tiraillé entre la surprise de ce résultat imprévu, le mécontentement de cette division qui a surpris, l’inquiétude de ceux qui appréciaient la gestion progressiste de la ville au service de tous les habitants, la satisfaction de ceux qui ne voulaient plus de communistes, à droite [2] comme à gauche, et le désarroi de ceux qui ne comprennent pas cette situation, pensent que ça ne changera sans doute rien pour eux, sans oublier ceux qui n’accordent pas beaucoup d’importances aux élections, et donc peut-être encore moins à une deuxième élection…
L’équipe de Michèle Picard s’est remobilisé très vite, les huit élus de l’opposition de gauche au conseil municipal sont très actifs. Nous avons marqué l’actualité avec l’évènement du 8 juillet en pleine canicule, une conférence de presse très suivie et un conseil municipal populaire dont les délibérations sont autant d’appels aux vénissians à se mobiliser sur des sujets d’actualité et d’interroger l’action de Idir Boumertit éclairée par les projets que nous aurions porté dans ces premiers mois…
De son coté, Idir Boumertit fait de la « communication positive », après ses premières réactions d’humeur sur les « 90 ans de gestion communiste ». Pour lui, tout va bien. Comme beaucoup d’élus locaux de tous bords, il a surfé sur la vague du mondial de foot et des fans-zones, 5 messages sur sa page, mais bizarrement rien sur les fêtes escales, ce festival populaire gratuit qui rassemble pourtant vénissians et au-delà.
Mais il est très content de ses 100 premiers jours de maire, et on comprend que ça fait 25 ans qu’il y pense tous les jours en se rasant, comme on dit…
Il se félicite de premières dépenses, sur la cantine, le périscolaire, des aides sociales, et balaie les questions de financement d’un revers « Des moyens, il y en a. Et je ne recourrai pas à la hausse des impôts. On nous a laissé 1,3 million d’euros dans les caisses ». Le million, ça impressionne, mais pour ceux qui veulent comprendre et ne s’arrêtent pas au buzz médiatique, 1,3 millions, c’est moins de 1% du budget annuel de la ville. Si vous avez 1% de votre revenu annuel sur votre compte en banque, est-ce que vous diriez « des moyens, j’en ai ! » ? Bien sûr que non, mais c’est de la com ! Cela dit, le moment de vérité arrivera avec le budget 2027… si c’est lui qui le présente. Pour financer les dépenses nouvelles, qu’on peut estimer à plus de 2 millions, dans un contexte où les dotations de l’état et de la métropole seront en baisse, il faudra soit en supprimer d’autres, soit finalement augmenter les impôts, contrairement à ce qu’il promet…
Mais il confirme ce que nous sommes nombreux à avoir dit depuis 4 mois. Il ne s’inquiète pas de la droite et de l’extrême-droite. Il n’a pas eu un mot sur le résultat de l’extrême-droite à Vénissieux, qui passe de un à trois élus municipaux et gagne un élu métropolitain ! Pire, il attaque Michèle Picard en justice pour des documents privés en possession du juge, attaque dont la seule utilité est bien sûr médiatique, mais dont une conséquence si elle aboutissait serait d’alléger les risques juridiques de Quentin Taieb, un comble !
Et il le confirme, (innocemment ? ) en se félicitant dans le journal de sa rencontre avec la présidente de la métropole, madame Sarselli, ce maire de droite qui préférait payer des amendes que d’autoriser du logement social dans sa commune. Elle multiplie les annonces de droite dure comme présidente de la métropole. Remise en cause de l’équité territoriale dans les dotations (Vénissieux risque d’y perdre un million), forte baisse des investissements… (Adieu à de nombreux projets attendus, pour les mobilités, les collèges, les maisons de la métropole… comment obtenir enfin la reconstruction de Aragon ? ). Mais pas une réaction de sa part, ni comme maire, ni comme conseiller métropolitain. Mieux, il veut nous faire croire que madame Sarselli « a entendu les enjeux de nos quartiers populaires », qu’elle va « aider pour le projet de maison des ainés, la maison des devoirs »…
Bref, tout va très bien madame la marquise ! Donc, ne vous mobilisez pas pour défendre notre ville et nos services publics face aux politiques métropolitaines, attendez bien sagement la prochaine présidentielle puisque tout changera avec Jean-Luc Mélenchon. Comme toujours avec LFI, tout se résume à la prochaine élection. Et ne lui demandez pas pourquoi la gauche toute entière fait au mieux un tiers des voix depuis 20 ans, pourquoi elle est passée de 15 à 11 millions de voix aux présidentielles depuis que Jean-Luc Mélenchon est candidat et que l’extrême-droite est passée de 5 à 13 millions de voix !
Je sais que le débat politique est désormais mal vu. Certains ne croient plus qu’il y a des choix politiques après des décennies où la gauche au gouvernement a fait des politiques de droite. Beaucoup préfèrent les belles histoires, celles qu’on like sur les réseaux sociaux pour être content d’y retrouver ses amis. Mais ne me demandez pas de me taire. Idir Boumertit joue son rôle de maire dans la communication, mais il ne dit rien des urgences politiques, ni sur la situation du monde et la violence impérialiste, ni sur le capitalisme en crise, ni sur son engagement politique réel, et notamment sur le suites qu’il compte donner à ce choix de la division, et sur ce qui fait que demain, il peut accepter de parler ou non aux communistes. Je lui renouvelle mon défi, qu’il accepte un débat contradictoire public !
La capacité des vénissians à s’unir, agir ensemble, résister aux politiques de droite est essentielle et c’est tout l’enjeu de la participation citoyenne que symbolisait à Vénissieux les conseils de quartier. Comme l’équipe de Michèle Picard a écrit à tous les délégués de quartier fin juin, l’équipe Boumertit s’est enfin réveillé en leur proposant de se porter candidat pour participer à de nouveaux conseils de quartier dont on ne sait rien, à part qu’ils seront moins nombreux… La lettre de ses adjoints ne parle pas des permanences de quartier, ni des élections de délégués, ni de leurs droits et moyens, ni des formes de consultation des vénissians, tous sujets qui étaient au cœur de notre projet pour une nouvelle étape de la participation citoyenne. Mais coté LFI, la citoyenneté s’arrête aux campagnes électorales, votez pour nous et faites nous confiance… À qui, à quoi servent les conseils de quartier… ? Je leur conseille une bonne lecture, issue de la rencontre passionnante sur le sujet lors du dernier grand rendez-vous de la ville avec deux sociologues Démocratie participative ? L’éducation populaire pour diriger l’état !
Face au risques d’extrême-droite, qui ne se résume pas au RN, car les idées d’extrême-droite sont désormais portées largement par le centre et la droite, notre peuple reste profondément divisé, et le drame des méga-feux des Landes et de Gironde peut accélérer une crise politique dont le RN profite depuis des années. Reconstruire une gauche populaire, qui unisse notre peuple au lieu de le diviser est plus que jamais une urgence.
Vénissieux est un des laboratoires où se joue cette capacité d’unir notre peuple. C’est pourquoi les mois qui viennent seront décisifs. La division décidée par Idir Boumertit pour les municipales a affaibli la ville face à la métropole, mais surtout face aux droites décomplexées qui compte bien profiter de la faiblesse de la gauche. C’est un bon sujet de discussion pour cet été. Nous avons besoin d’unité populaire, et elle ne se construit pas dans les médias, ni les réseaux sociaux, mais dans nos quartiers et nos entreprises. Ce sera le vrai enjeu des prochaines élections municipales.

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