les urgences du mal logement...

, par  Pierre-Alain , popularité : 22%

Depuis quelques jours, une femme et ses 4 enfants sont sans logement, dans la précarité permanente entre hôtel et voiture... Les enseignants de l’école des enfants se sont mobilisés et ont décidé de l’installer dans l’école depuis lundi soir.

Le journal le Progrès s’en était fait l’écho lundi puis de nouveau ce mercredi, mais cette fois, ce n’est pas un article de journaliste, c’est un véritable tract partisan ! L’article fait parler une institutrice qui aurait dit qu’ils étaient sans aucune nouvelle ni des élus, ni des services de la ville ou de la métropole.

C’est tout simplement un mensonge, et le journaliste n’a cherché à le vérifier ni auprès des élus, ni auprès des services ! à se demander si ces propos ont été vraiment tenus. Dans ce cas ils ne sont tenus que pour en faire un buzz politicien et non pas pour aider à la solution la plus rapide, et le journaliste n’avait aucune raison d’offrir une telle tribune insultante pour tous ceux qui se démènent pour trouver une solution depuis lundi.

Car des contacts ont bien eu lieu entre les services de la ville comme de la métropole et la famille ou l’équipe enseignante. Lundi, le maire a pris la décision de prendre en charge la nuit d’hôtel, l’adjointe aux affaires sociales en a parlé à la directrice de l’école, solution non retenue par l’équipe occupant l’école. J’ai personnellement eu au téléphone la directrice deux fois lundi et nous avons poursuivi par sms. J’ai expliqué à une autre institutrice mardi soir la proposition faite par la ville d’un logement temporaire dans une procédure en attente de la validation de la métropole.

Donc, vraiment, ne rien vérifier auprès des élus et écrire qu’ils n’ont rien fait, ce n’est pas du journalisme.

Finalement, La métropole nous a informé ce mercredi après-midi qu’une proposition était faite à la famille à partir du 21/11, apportant une solution temporaire en attente d’une attribution de logement. J’espère que cette solution va fonctionner et que l’urgence sera ainsi pris en compte, mais il me semble que c’est l’occasion d’un débat de fonds sur l’urgence et les actions de solidarité.

Tous les acteurs savent que sur une compétence qui relève de l’état, l’hébergement d’urgence, et une compétence qui relève de l’état et de la métropole, le logement, la ville ne peut être qu’intermédiaire.

Le maire, l’adjointe aux affaires sociales, l’adjoint au logement sont intervenus, avec les services, les directeurs, le directeur général des services. Ils sont intervenus à tous les niveaux de la métropole et de la préfecture. En lien avec la SACOVIV, les élus ont même cherché une solution temporaire locale, évidemment dans un cadre validé par tous pour que la famille ne perde pas ses droits dans les procédures en cours de logement prioritaire.

Certes, les élus ne se sont pas servis de ses actions pour faire de la communication, et renvoyer la balle de l’urgence dans le camp de l’état ou de la métropole, car au fonds, les acteurs locaux de l’état, comme ceux de la métropole, font leur possible dans un cadre légal et économique qui est le vrai problème, le seul problème. Et tous ceux qui font croire que le problème est local mentent aux principaux concernés, les mal logés !

La question est simple : pourquoi malgré les discours et les promesses, il y a toujours plus de situations d’urgence du mal logement ?

A Vénissieux, au moment où tout le monde parle de cette situation, il y a près de 200 dossiers Vénissians "prioritaires" dans la file d’attente de la préfecture. Et toutes les structures d’hébergement sont pleines, même si les mesures du plan froid arrive.

Voila ce que les actions de solidarité devraient pointer. Non pas mettre en cause la ville dont ce n’est pas la compétence, non pas mettre en cause les acteurs sociaux qui font leur travail au mieux, mais mettre en cause l’incapacité des politiques publiques à sortir vraiment du mal logement, et l’indignité des marchands de sommeil qui profitent des situations d’urgence pour faire payer des logements indignes le plus cher possible, et en expulsent les mal logés sans aucun respect de leurs droits.

C’est un cas de plus qui confirme que ça ne tourne pas rond dans ce pays aux 4 millions de mal logés, aux 8 millions de pauvres, qui est capable d’organiser à Cannes un "Salon international de l’émigration de luxe" destiné à ceux qui peuvent payer un million pour acheter une nationalité leur permettant de ne pas payer d’impôts... un pays qui vient de se classer deuxième du monde pour la progression du nombre de millionnaires, derrière les USA... et qui dépasse désormais 2 millions de millionnaires...

C’est ce qui devrait beaucoup plus fortement apparaître dans les actions de solidarité, car ce qui est scandaleux, c’est bien sûr une famille à la rue avec des enfants en bas âge, mais surtout parce-que nous sommes dans un pays riche qui a largement les moyens de ne laisser personne à la rue.

Le scandale, c’est qu’un président puisse promettre en 2017 qu’il n’y aura plus personne à la rue à Noël, et qu’un an plus tard, malgré les créations de places d’hébergement, malgré de nouvelles mesures du plan froid, tous les acteurs de l’urgence savent qu’il y aura encore plus de difficultés cet hiver que le précédent...

Le scandale, c’est que l’émotion du drame des logements indignes de Marseille va conduire à quelques actions mais qu’on sait tous que dans quelques semaines, le sujet sera oublié, et que des centaines de milliers de situations de ce type existent en France, mais que la loi continue à défendre les propriétaires indignes et poursuit souvent les mal logés...

Les actions de solidarité, si elles n’aident pas à la prise de conscience des enjeux, des responsabilités, des moyens nécessaires, peuvent conduire à l’effet inverse, opposer les urgences entre elles, obtenir la priorité pour celui qui crie le plus fort au détriment de celui dont on ne parle pas, et même diviser les habitants sur de faux problèmes liés aux situations personnelles, alors que tout au contraire devrait pousser à discuter des politiques publiques du logement, de l’hébergement et de l’accueil !

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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