conseil de quartier, appel à candidature !

, par  Pierre-Alain , popularité : 20%

Après l’élection municipale de ce printemps, et la mise en place de la nouvelle équipe municipale avec de nombreux nouveaux adjoints, les assemblées générales de conseil de quartier débouchant sur la réélection des délégués de quartier sont une nouvelle étape dans l’organisation de la vie démocratique de notre ville.

Bien sûr, faire le pari du dialogue citoyen en public, de la "co-responsabilité" entre élus et habitants, n’est pas très "mode" dans l’ambiance politique déliquescente de la France. Une immense majorité des Français ne font plus confiance à leurs institutions, aux partis politiques qui sont censés organiser le débat public, la défense de l’intérêt général. Et on peut comprendre cette réaction populaire si profonde que les sondages de popularité du président de la république et de son premier ministre battent tous les records historiques... à la baisse.

Depuis des décennies, les gouvernements successifs expliquent qu’il faut "réformer" la France, qu’il faut réduire les dépenses publiques, restructurer les services publics, réduire l’état, flexibiliser le travail et réduire son "coût". Et de réformes en réformes, ils le font tous ! Les mouvements sociaux de résistance n’ont (presque) jamais pu freiner cette fuite en avant de la France vers un modèle dit "anglo-saxon", celui que réclame le bien mal nommé MEDEF, qui devrait s’appeler le mouvement des rentiers et actionnaires, tellement il contribue à écraser l’entreprise et notamment les PME sous la mondialisation et la financiarisation.

Comment dans ce contexte faire le pari de la démocratie ? Le sentiment dominant est qu’il faudrait un pouvoir fort, mais personne ne répond à la question essentielle, "fort" pour qui ? face à qui ?". Car les gouvernements successifs ont été "forts" pour refuser toute revendication du monde du travail, de l’école, des services publics ! Et les "chocs de compétitivité", "chocs de simplfication" et autres plans de relance du gouvernement Hollande qu’on présente comme un "mou" sont des coups terribles portés au "modèle Français". Mais ils ont été "faibles" face aux banques, aux multinationales, aux intérêts US, allemands... Car en fait, ils sont au service d’une toute petite minorité d’oligarques de l’économie dont la domination vient justement de cette mondialisation qui joue contre la France !

Mais autant les communistes devraient au plan national affirmer la nécessité d’un pouvoir de rupture avec ces décennies honteuses de la vie politique Française, autant ils devraient affirmer qu’il faut un pouvoir fort face aux rentiers et actionnaires, face au système et à la mondialisation capitaliste sous la domination du dollar à travers l’Euro, autant ils savent que rien n’est possible sans une mobilisation populaire massive qui seule pourra imposer les réformes profondes dont le monde du travail et les quartiers populaires ont besoin. Et cette mobilisation suppose une démocratie réelle, un dialogue au concret entre toutes les forces sociales pour surmonter les facteurs de division, les contradictions entre intérêts particuliers pour faire grandir l’intérêt général.

C’est une question politique centrale dans la reconstruction d’un point de vue communiste utile et efficace face à la dérive UMP-PS d’un coté, UMP-FN de l’autre.

Mais à Vénissieux, nous avons marqué un point important avec la victoire de Michèle Picard contre toutes les manipulations et populismes. Michèle Picard a pris de la force dans cette bataille et elle est aujourd’hui en situation avec son équipe de décider en tout clarté et en toute légitimité. Les différentes forces politiques, des socialistes de gauche aux personnalités de la société civile, en passant par les écologistes, le parti de gauche et bien sûr les communistes, ont forgé une vraie solidarité et complicité dans cette bataille. Le maire sait qu’elle peut compter sur toute sa majorité et que tout le monde travaille pour notre plan de mandat.

Quand on voit les élus P"S" provoquer des polémiques médiatiques faisant mine de découvrir qu’il y a de l’amiante dans les bâtiments de banlieues, à Vénissieux comme ailleurs, alors que l’adjoint chargé des travaux dans le mandat précédent était socialiste, on mesure à quel point ils n’ont jamais cru au travail en commun dans l’intérêt des Vénissians. Quelle différence avec la nouvelle majorité municipale !

C’est pourquoi nous avons besoin d’un approfondissement de la démocratie Vénissiane, Que les les populistes et les propagateurs de rumeurs continuent de s’agiter dans le microcosme politicien, pendant ce temps, les habitants peuvent imposer avec les conseils de quartier la vérité du travail en commun pour l’intérêt général. Chaque fois qu’une question est traitée collectivement, que le lien est fait entre des habitants, un délégué, l’élu du quartier, les services de la ville, l’adjoint concerné ou le maire, c’est le projet Vénissian qui avance, c’est un pas en avant pour consolider l’histoire de cette ville au service de ses habitants.

C’est le sens profond de l’élection des délégués de quartier qui s’organise autour des assemblées générales et se conclura le 6/12 dans une journée finale de vote. Les délégués de quartier sont des habitants qui prennent le temps de faire vivre collectivement les questions du quartier et de la ville, qui contribuent à retisser le lien républicain entre les habitants, entre les habitants et leurs services publics.

Bien sûr, les conseils de quartier ne résoudront pas tous les problèmes, et ceux qui se sont engagés savent qu’ils ont toujours des dossiers ouverts, parfois depuis des années, et qu’il semble impossible de faire bouger. Pour ma part, je m’étais dit en devenant adjoint en 2008 que j’arriverai enfin à faire bouger le Grand Lyon sur la situation du parking Komarov. Je n’y suis pas arrivé, mais ce dossier peut être repris dans le cadre de l’ANRU 2 et mon collègue Nacer Khamla sera peut-être le président de conseil de quartier qui annoncera une bonne nouvelle sur ce parking dans le mandat !

C’est le message que je souhaite faire passer à tous les anciens délégués qui hésitent à se représenter, et à tous ceux qui s’interrogent sur l’utilité d’une candidature. Malgré les difficultés, malgré les limites qu’imposent l’organisation actuelle des pouvoirs, l’austérité qui enserrent les collectivités, les incivilités qui rendent la citoyenneté si difficile, ça vaut le coup d’être délégué de quartier ! Et même, justement parce que c’est difficile, que c’est un défi à relever, il faut être nombreux à nous faire entendre, à nous organiser pour notre ville !

Face à la déliquescence de la république Française, c’est dans un travail patient au coeur de nos communes que peut se reconstruire une citoyenneté solidaire !

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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