Electricité renouvelable, le débat citoyen est nécessaire

, par  Pierre-Alain , popularité : 29%

La rencontre au cinéma Gérard Philipe pour le lancement du chantier des installations photovoltaïque en auto-consommation a été riche. Après avoir présenté l’initiative et introduit le débat, j’ai donné la parole successivement à
- Thymothée David, directeur territorial EDF collectivités, qui présenta notamment une maquette interactive sur l’électricité photovoltaïque auto-consommée collective..., c’est la première fois que cette maquette est présentée en dehors de EDF et elle restera quelques jours au cinéma, profitez en !
- Agnès Hennet, du syndicat intercommunal des énergies (SIGERLY) qui gère depuis 10 ans deux installations photovoltaïques de la ville de Vénissieux et qui présenta l’expérience du SIGERLY devenu un acteur important de l’électricité renouvelable pour les communes
- Jean FLuchère, de l’association Sauvons le Climat, qui rappela l’enjeu à long terme si on continue à émettre autant de gaz à effet de serre (le scénario sans aucun changement du GIEC conduit à une augmentation de la température moyenne de 6°C... !)
- Gilles Pereyron, de l’association "Droit à l’énergie, SOS futurs" qui intervient dans tous les pays en développement pour aider notamment à des installations solaires qui sont une première réponse indispensable dans de nombreux villages qui n’ont pas accès à l’électricité. Il insistera sur cette idée du "droit à l’énergie" en soulignant que plus d’un milliard d’humains n’ont pas accès à l’énergie et que l’urgence est de leur permettre de chauffer leur nourriture, d’installer des pompes pour avoir accès à l’eau et l’assainissement, de s’éclairer pour permettre l’accès à l’éducation...
- J’ai présenté les panneaux de l’association "toits en transition" dont le représentant était excusé.

Une anecdote amusante, c’est au moment au Gilles Pereyron évoquait l’Afrique qu’une famille d’origine africaine qui venait au cinéma et avait découvert l’initiative est intervenue pour appuyer ce qu’il disait et défendre ce "droit à l’énergie" indispensable pour des milliards d’humains au Sud...

Une première expérience à renouveler

Lancement du chantier et introduction

Je remercie tous les présents, les élus et services de la ville, EDF, le SIGERLY, les associations SOS Energie et Sauvons le climat, et j’excuse l’association toits en transition dont nous avons un panneau d’exposition mais dont le représentant a eu un empêchement.

La ville est fière de lancer ce deuxième chantier de photovoltaïque auto-consommé sur ce cinéma qui est ainsi un lieu d’expériences sur l’électricité renouvelable puisque le marché d’électricité pour le cinéma est un marché appelé 100% ENR. Certains peuvent se demander, pourquoi ajouter du photovoltaïque si on a déjà une électricité à 100% renouvelable ? C’est une bonne question, mais en fait, dire qu’on a un marché 100% ENR, ça ne veut pas dire que l’électricité qu’on consomme est totalement renouvelable. A tout instant, on consomme tous le même mix électrique , et vous pouvez voir dans l’exposition des exemples de ce mix heure par heure qui montre la part de production locale, et le mix sur la partie appelée sur le réseau. Et donc en ajoutant les panneaux photovoltaïque, on va bien augmenter le taux d’électricité renouvelable du cinéma. Mais cela conduit aussi à rappeler que l’enjeu est non pas le mix électrique de chacun, qui n’a pas vraiment de sens, mais le mix électrique global du réseau...

Avec ce lancement de chantier, nous avons voulu faire un premier évènement plus citoyen pour mettre en débat ces expériences dans un contexte d’enjeu climatique qui interroge beaucoup d’habitants et de citoyens. Que faut-il faire ? que faut-il faire de plus, de différent que ce qui se fait déja ?

Nous avons tous conscience que pour la planète, nos actions locales peuvent sembler dérisoires. Le dernier rapport du GIEC donne un objectif clair pour contenir la hausse moyenne ds températures à 1,5°C . Il faudrait que chaque humain n’émette que 4,8 tonnes de carbone en 2025... En France, nous émettons chacun en 2018 4,3 tonnes par Français, donc moins que ce seuil objectif du GIEC, alors qu’un allemand par exemple émet 8,2 tonnes et un américain.. plus de 16 tonnes.

Le problème est en fait assez simple, il faut réduire drastiquement et rapidement l’usage du charbon et du gaz dans la production électrique. C’est au niveau mondial le premier facteur d’émissions et cela concerne au premier chef en volume les USA et la Chine (même si un chinois produit évidemment beaucoup moins de carbone !), et en Europe, l’Allemagne et la Pologne. Nous savons donc tous que le climat est une question mondiale !

Cela dit, si je vous invite tous à vous intéresser à la situation du monde et aux possibilités de le transformer, en commençant par imposer la paix car à l’évidence, sous les bombes, personne ne se préoccupe vraiment de notre cadre de vie, on ne peut pas considérer qu’à notre niveau local, il n’y aurait rien à faire.

Au contraire, la France peut se transformer dans deux secteurs où elle est fortement émettrice de gaz à effet de serre. Le bâtiment et le transport.

Pour le transport, c’est un enjeu principalement national et métropolitain. Il faudrait rompre enfin avec le choix national du tout camion, qui a divisé par deux le fret ferroviaire depuis la privatisation. Il faudrait aussi un plan d’investissement massif dans les transports en commun pour réduire la part modale de voitures qui en général ne sont occupés que par une personne pour un trajet domicile-travail marqué par les bouchons ! Ce développement des transports en commun ne s’oppose pas du tout au développement des modes actifs. Au contraire, il permet d’offrir une variété de choix à l’usager, et je peux vous témoigner par exemple, que je choisis toujours le vélo pour mon trajet des minguettes à la Doua quand il fait beau, mais que je prendrais le T4 s’il pleut ou s’il y a trop de vent, sauf parfois aux heures où il est plein, ou quand j’ai une contrainte horaire forte ou des trajets complémentaires à prévoir et où je peux utiliser ma voiture... Évidemment, ces choix personnels dépendent aussi de la forme physique, de l’âge, de la santé. Il ne faut pas une réponse unique aux besoins de mobilité. Mais dans tous les cas, il faut réduire drastiquement la part des carburants fossiles !

Pour le bâtiment, nous sommes en pointe à Vénissieux puisque plus de la moitié de la ville bénéficie déjà d’une chaleur fortement renouvelable, 62% avec le raccordement au réseau de Lyon Métropole et donc à l’incinérateur de Gerland l’été.

Et nous accumulons aussi des expériences sur les consommations électriques que je vous invite à découvrir. Une baisse de 30% de consommation sur la médiathèque grâce au projet Smart Elec conduit avec EDF, deux bâtiments équipés depuis longtemps de photovoltaïques et gérés par le SIGERLY, le centre technique municipal équipé en photovoltaïque auto-consommé avec du stockage dans les batteries de nos véhicules électriques... Il faudrait parler aussi du passage en Led des éclairages de bâtiments, de nos efforts de maitrise des consommations d’éclairage public qui baise régulièrement de 1% par an malgré l’augmentation du nombre de points lumineux...

Je vous invite à découvrir toutes ces expériences sur les panneaux et à dialoguer avec les associations et partenaires qui vont se présenter et à qui je propose quelques questions... sur le climat, l’électricité renouvelable, l’intermittence, le stockage électrique, la dérèglementation et les tarifs...

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

Navigation

Brèves Toutes les brèves