Nous vous avions proposé l’an dernier de petits jeux sur l’IA, depuis, quelle année ! Selon IPSOS, 88% des français en parlent et 39% s’en servent dont les trois-quart quotidiennement ! Jamais une technologie n’avait connu un tel usage massif en aussi peu de temps. Et parmi eux, des milliers de fonctionnaires, nous le savons bien avec le succès de Delibia, mais chut, je ne dois pas parler de nous..
Il y a un an, je vous avais fait une petite démonstration de codage par IA, en réalisant en live le codage d’un jeu, une tour de Hanoi. C’était mes premiers essais, et ça représentait une centaine lignes de codes. Ces derniers jours, j’ai fait un travail beaucoup plus élaboré, en testant 4 IA différentes, Mistral, ChatGPT, Deepseek et Claude pour réaliser un outil de transcription de documents imprimés contenant des tableaux afin de reconstituer les données dans un tableur. Je l’ai fait parceque l’océrisation de adobe n’est vraiment pas terrible pour la transformation de pdf en tableur… Visiblement, Claude semble le meilleur ce type de travail. J’ai généré plus de code en quelques jours que tout ce que j’ai jamais codé dans ma vie professionnelle, des scripts python de près de 1000 lignes… et ce code tourne, pas de bug. Mais après une petite centaine de version, je ne suis toujours pas au bout. Avec des scans de mauvaises qualité, ça n’est pas robuste, des lignes ou des colonnes ratées, mélangées. L’IA c’est d’abord un long apprentissage sur d’immenses volumes de données !
J’en tire deux conclusions
- la première, c’est que les gains de productivité que permet l’IA sont gigantesques, mais qu’on ne peut les obtenir qu’avec un formidable apprentissage collectif pour s’en servir utilement et efficacement. Et que les enjeux de souveraineté sont énormes et malheureusement mal engagés… Dans l’enquête IPSOS, 80% utilisent chatGPT, 30% Gemini, 20% copilot et seulement 6% mistral !
- la deuxième, c’est que nous sommes dépassés dans cette époque d’accélération des connaissances scientifiques et techniques, et que je reste un peu devant l’IA comme mon arrière grand-mère devant la première télé de mes parents…
Pour tenter de comprendre le fonctionnement de ces LLM, ces modèles de langage au cœur des IA, je me suis replongé dans les maths, beaucoup avec de chaînes youtube nombreuses et extraordinaires, comme scienceetonnante ou quantum, Comment est-ce possible ? Et qu’est ce que ca nous dit sur ce qu’on appelle l’intelligence. Car si certains ont l’angoisse que l’IA devienne supérieure à l’homme, mon angoisse serait plutôt que cette machine qui ne fait que proposer une suite probable à une question, nous révèle une vérité brutale et dérangeante. Ce que nous pensions être notre intelligence se résume peut-être à une simple probabilité. Nous croyons que notre cerveau « pense », raisonne, que nous ne disons pas des choses au hasard, que nous avons quelque chose de plus, appelez le une pensée ou une âme. Et bien, peut-être que pas du tout !
C’est d’ailleurs un vieux débat entre Aristote et Pythagore. Pythagore disait que tout est nombre, tout se réduit à des nombres, (comme le musique, vous savez, un octave, c’est doubler la fréquence), donc à des calculs. Aristote le refusait et à vrai dire, on est souvent plutôt aristotélicien non ? On a quelque chose de plus que les ordinateurs ! On aime, on frémit, on soupire, on rêve, on ressent et on pense…
Et bien l’IA nous bouscule et nous dit que tout ça, ce n’est que quelque chose de probable. Notre cerveau ne serait juste qu’un calculateur de probabilités. D’ailleurs, voilà ce que me propose mistral, un sonnet sur l’instant à la mode de Brassens…
Pourtant, quand l’instant se mêle au rêve,Quand la réalité danse avec l’imaginaire,On se dit qu’au fond, tout ça, c’est pas si grave…Car l’un est le pain noir, l’autre en est le beurre,Et si la vie nous joue des tours pendables,Au moins, on a ri — et c’est déjà pas mal.
C’est pas mal, non ? Donc, même la poésie ne serait qu’un calcul de probabilités ?
Je vous laisse avec cette angoisse et je vous suggère de profiter de l’instant présent, vous aurez une petite surprise pour animer ces voeux, et l’occasion d’échanger et de profiter du buffet. Et quand même, ça, ce n’est pas seulement un calcul de probabilités
Merci à tous, à toutes celles et ceux que je ne connais pas et qui ne me voit pas souvent, mais permettez-moi de dire que pour un élu, quand un service public fonctionne bien, c’est très reposant !
C’est quand même une incroyable réussite dans ce monde qui valorise les « nouvelles pousses », pour ceux qui ne connaissent pas, c’est la traduction officielle de l’académie pour « startup », les milliards qui sortent d’on ne sait où pour être brûlés dans des projets retentissants dont personne ne sait bien quel est la vérité économique. Les grands acteurs privés de l’IA sont pour l’instant tous en faillite virtuelle. D’ailleurs, on a appris ce matin que le géant Amazon avait brûlé 50 milliards pour se lancer dans l’IA et que cela avait fortement réduit sa trésorerie, le conduisant à un plan de 30 000 suppressions d’emplois… C’est amusant de comparer les discours économiques dominants qui, d’un coté, valorisent fortement ces dépenses énormes pour des acteurs privés dont on ne sait toujours pas quelles valeurs ils créent, et de l’autre, ces mêmes discours qui multiplient les critiques des dépenses publiques.
Alors merci à tous ceux qui font vivre ce SITIV, à tous nos partenaires, à la métropole et la ville de Lyon, et merci à tous ceux dont je ne peux parler encore et qui discutent pour rejoindre le SITIV.
Et mes meilleurs voeux numériques 2026 , souverains, éthiques et publics bien sûr !

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