Gilets jaunes, le mouvement s’organise... cours camarade, le vieux monde est derrière toi !

, par  Pierre-Alain , popularité : 18%

Comme les samedi précédents, j’ai participé aux manifestations lyonnaises des gilets jaunes ce 12 janvier, manifestations qui confirment que le gouvernement n’a toujours rien compris. Il avait annoncé la baisse des mobilisations et déclaré que les manifestants étaient tous complices des casseurs, c’est le contrairequi s’est passé. Au niveau national, les mobilisations sont en forte hausse et les violences en nette baisse ! Pour la première fois, dans beaucoup de villes, les gilets jaunes avaient organisé un service d’ordre de "brassards blancs"...

Les communistes de Vénissieux contribuent depuis le début de ce mouvement social original à tisser des liens pour élargir le mouvement, unir toutes les catégories de salariés. D’abord en appelant les Vénissians à participer à ce mouvement à leur manière, ensuite en mettant en débat la place de la violence dans les manifestations, le piège qu’elle représente pour les manifestants par le risque de division et de baisse du soutien populaire comme par la récupération médiatique organisée par le gouvernement.

Les premières manifestations en décembre étaient très peu organisées, avec souvent plusieurs cortèges selon les décisions diverses des différents groupes qui ne se connaissaient pas encore vraiment.

Le 5 janvier dernier, j’avais noté que le mouvement commençait à mieux s’organiser, ce qui était visible dans la manifestation lyonnaise. Ce samedi 12, ce progrès vers une organisation des manifestations a été constaté partout au plan national, et reconnu pour la première fois par les médias, même si certains ne digèrent toujours pas les vives critiques des gilets jaunes sur la manière dont certains médias centraient tout sur les violences.

Ce samedi, la manifestation lyonnaise s’était élargie, plus jeune et a priori moins de retraités, mais des personnes nouvelles. J’ai retrouvé plusieurs connaissances de Vénissieux qui manifestaient pour la première fois, et qui ne comprenaient d’ailleurs pas l’agressivité apparente des forces de l’ordre. Je ne sais pas si un parcours avait été déposé pour Lyon comme dans d’autres villes, mais le trajet reprenait celui de la semaine dernière et c’est quand quelques groupes tentaient de prendre des rues de traverse que la police faisait usage de gaz et les repoussait. Après le retour à la place Bellecour, visiblement, les forces de l’ordre ont bloqué la rue Victor Hugo avec un gazage très violent. Mais à ce moment là, il était difficile de savoir sur la place où devait aller la manifestation. A Lyon, je n’ai pas vu de "brassard blanc" et cela manque certainement.

D’autant que j’ai noté aussi la présence de plus en plus visible de groupes militants connus, comme ceux qu’on reconnait avec ce mot d’ordre stupide et mensonger "ici, personne n’aime la police" [1]. Comme si nous ne savions pas tous que le policier, c’est d’abord comme le chantait Renault, "celui qui entre deux galères a choisi celle ou tu bouffes", un salarié qui a les mêmes problèmes de pouvoir d’achat que les autres ! Ce slogan bien connu de certains groupes d’extrême-gauche peut plaire à quelques uns par son coté anarchiste mais est en fait un slogan de jeunes privilégiés incapables de comprendre le besoin de tranquillité publique de ceux qui vivent de leur travail, leur besoin de sécurité de leurs quelques biens, du bon fonctionnement des transports publics, eux qui savent que la police est un service public essentiel au quotidien des quartiers populaires.

Ces tentatives d’instrumentalisation des gilets jaunes par des groupes politiques divers se confirme d’ailleurs avec la présence de Christophe Girard, élu métropolitain "Les Républicains" qui veut faire croire avec un gilet jaune qu’il va défendre l’augmentation du SMIC, des retraites et les services publics, alors même que son parti proposait en 2017 d’aller plus loin dans la baisse du coût du travail et des dépenses publiques !

Au total, l’essentiel de cette journée, c’est bien que contrairement aux espoirs du gouvernement, le mouvement trouve un second souffle, s’installe dans la durée et s’organise. J’écoutais hier soir des organisateurs nationaux des gilets jaunes confirmer qu’une rencontre nationale avait décidé de structurer le mouvement dans l’objectif d’une intervention dans les institutions, y compris les élections. Je pense que c’est une très bonne chose, que ça peut être une force pour bousculer une vie politique enfermée dans une médiatisation qui détruit la citoyenneté. Plus il y a de citoyens engagés dans la vie publique, plus la vie politique se fait au profit de l’intérêt général, et donc des intérêts du monde du travail ! Cela pousse aussi toutes les forces politiques à clarifier leur position, notamment sur l’union européenne.

J’avoue que pour un militant qui a connu les échecs de l’union de la gauche et des ses suites, les luttes sociales parfois fortes mais toujours sans victoires, l’approfondissement des fractures sociales qui permet à une droite décomplexée de se présenter comme’"sociale", jusqu’à ce nouveau monde de la macronnie qui explose un an seulement après la recomposition de 2017... apres tant d’années où le pouvoir et les medias semblaient tout dominer, ce mouvement citoyen qui bouscule tout est le bienvenu, la preuve que les médias ne font pas tout, que le peuple a finalement toujours la possibilité du refus ! C’est pourquoi j’ai vraiment envie de dire merci aux gilets jaunes d’avoir reouvert l’espoir d’un vrai changement...

Rien n’est définitif bien sûr, le système dominant réagit avec force et tente une contre offensive avec ce "grand debat" gouvernemental qui risque bien d’été un "grand enfumage " pour faire croire que les réformes de Macron pourraient être des réponses aux gilets jaunes... et surtout le MEDEF est en arrière plan pour empêcher que la question des bas salaires conduisent à poser la question des profits !

Ce qui est passionnant dans cette actualité sociale et politique, c’est que ce sont les luttes qui font l’histoire et que les pouvoirs politiques, économiques et médiatiques courent derrière !

[1c’est le NPA qui, contrairement à LO ne se présente pas comme tel dans la manifestation...

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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