Quand l’antiracisme tartuffe devient du racisme

, par  Pierre-Alain , popularité : 13%

Je ne connais pas Sophia Aram, mais je pense utile de publier son billet.

Ce matin, Michèle Picard et les communistes de Vénissieux ont pris leur responsabilité. Malgré le sentiment d’injustice d’un accord national qui ne tient pas compte des réalités locales, et ne voulant pas jouer le jeu de la division à gauche qu’imposait les décisions de la France Insoumise, ils ont décidé de retirer la candidature.

Le même jour, Jean-Luc Mélenchon revient à la charge en attaquant Fabien Roussel et plus généralement les communistes traités de racistes car ils ont dénoncé les orientations politiques que portait Taha Bouhafs.

Je ne mâche pas mes mots, c’est une déclaration honteuse, comme si Jean-Luc Mélenchon ne voulait pas la réussite de l’accord qu’il a lui même imposé.

Car c’est bien Jean-Luc Mélenchon qui a menti publiquement en laissant croire mardi 10 mai au matin que Taha Bouhafs craque face à une "meute raciste", alors qu’il sait très bien que c’est la direction de LFI qui lui a demandé de partir.

Et une semaine après, il insiste et continue à instrumentaliser l’anti-racisme au service de basses opérations politiciennes. Les anti-racistes doivent dire clairement qu’ils refusent cette pratique détestable qui rappelle celle de François Mitterrand tentant de récupérer la manifestation pour l’égalité partie des minguettes il y a 40 ans, avant de laisser tomber ses initiateurs.

Ce billet de Sophia Amar a le mérite de dire clairement les choses en dénonçant "l’antiracisme tartuffe".

pam


Et dire qu’il y a encore une semaine la France insoumise avait enfin trouvé en Taha Bouhafs un vrai jeune issu des quartiers populaire, et voilà que patatras, le comité de suivi contre les violences sexuelles de la France insoumise, une sorte d’IGPN de gauche, a reçu des témoignages…

D’une gravite que nous n’avons jamais rencontré…La cellule s’est mise en place et lui a demandé de retirer sa candidature.

Et c’est là qu’en écoutant les inspecteurs Rousseau et Autain, mon petit cœur d’enfant issue de l’immigration s’est mis à saigner. Je me suis dit, “ah la la meskin pour une fois qu’ils vont chercher un jeune des quartiers populaire voilà que ça leur pète à la gueule – oui il parle comme ça mon petit cœur issu d’un peuple qui a beaucoup souffert -...

Même si, vu le nombre de personnes compétentes vivant dans les quartiers populaires… Quand on choisit pile celui qui publie des fake-news, crache sur les tombes de Charlie et finit par être condamné en première instance pour délit d’injure publique à raison de l’origine…, est ce qu’on peut encore parler de manque de bol ?!!!

Alors oui “Taha victime de son âge et de sa fougue“ c’était déjà indécent pour camoufler son CV, mais vue la gravité des témoignages, même Clémentine Autain semble renoncer à nous repeindre l’agresseur en victime…

Enfin “renoncé“… pas tout à fait vu son commentaire nous enjoignant de regarder du côté de “l’injustice et de la violence des attaques venues de l’extrême-droite“ publié après la décision de débrancher Bouhafs pour agressions sexuelles.

Alors, j’avoue j’aurais pouffé devant cette tentative de salto arrière depuis la cuvette de ses toilettes se terminant coincée dans ce que le désespoir lui a fait prendre pour une porte de sortie, si Autain n’avait pas eu l’indécence d’insister sur la volonté des victimes de…

“De ne pas participer aux insultes racistes et à la vague incroyable de violence que subit Taha Bouhafs sur les réseaux sociaux et dans les médias.“

Parce d’après moi, lorsque l’on connaît le sentiment de culpabilité quasi-universel des victimes de violences sexuelles, insister sur leur volonté de ne pas alimenter le racisme contre Bouhafs c’est le meilleur moyen de culpabiliser toutes celles qui à l’avenir, devront se demander si porter plainte contre une personne issue de l’immigration… n’alimenterait pas un peu le racisme.

Mais surtout parce que dans cette affaire je pense que :

- Considérer qu’un parcours aussi controversé que celui de Bouhafs soit représentatif des quartiers populaires, c’est raciste.

- Considérer que l’on puisse investir un condamné pour racisme parce qu’il est issu de l’immigration, c’est raciste.

- Considérer qu’on ne puisse pas le critiquer parce qu’il est issu de l’immigration, c’est raciste.

- Considérer qu’on ne devrait pas porter plainte pour agression sexuelle contre une personne issue de l’immigration, c’est raciste.

Alors, épargnez-moi la litanie des « je te crois » si c’est pour sacrifier le droit des victimes sur l’autel de vos intérêts électoraux et de l’antiracisme tartuffe. Sortez de votre secte, et de vos commission internes, cessez votre misérabilisme parce que Taha Bouhafs n’est pas un bébé phoque, c’est un justiciable comme les autres disposant des mêmes droits à répondre de ses actes ou à être innocenté mais… devant la justice.

Voir en ligne : à écouter sur le site de France Inter

Carte de VénissieuxLes lieux de rencontres et visites sont marqués par une épingle pointant directement sur le compte-rendu... il est possible de déplacer la carte, de (de)zoomer...

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