Rencontre donc mercredi 20 à 8h sur place avec un des responsables de l’usine qui confirme immédiatement que cette voie ferrée a un caractère stratégique pour l’entreprise. C’est même carrément une condition obligatoire pour maintenir les contrats avec EDF, certains équipements fabriqués ne pouvant pas être transportés autrement…
La voie ferrée appartient au groupe Schneider qui la loue à l’entreprise JST Transformateur, aujourd’hui société indépendante [1] Elle est utilisée pour le transport de grand transformateurs jusqu’à la gare de triage de Vénissieux,
La ligne fait 2 km, et elle est utilisée 1 fois par mois au plus fort, pendant la nuit bien sûr, car il faut une opération coordonnée avec les forces de police, les pompiers, le département. Le périphérique est en effet fermé à la circulation quand le train passe, une fois à vide, puis la locomotive repasse, puis elle revient chercher le train chargé… et là, c’es à 6km/h que le train avance avec toutes les sécurités nécessaires pour fermer les barrières sur le périphérique, dégager d’éventuelles contrevenants aux interdictions de stationner…
Le dernier transformateur qui a circulé était destiné à Flamanville et pesait 285 tonnes. Il ne pouvait donc être transporté que par voie fluviale, certains ponts de la ligne SCNF ne supportant pas une telle charge. Il est donc parti par cette voie ferrée jusqu’au port Edouard Herriot pour descendre par une marge maritime jusqu’à Marseille et contourner toute l’Europe par Gilbratar jusqu’au Nord de La France…
De fait, un des derniers grand site industriel de l’agglomération Lyonnaise a besoin de ces deux infrastructures fortes de transport, la voie ferrée qui traverse Vénissieux et le 8e arrondissement de Lyon, et le port Edouard Herriot qui lui donne accès aux transport fluvial. Il y a 30 ans, d’autres entreprises se servaient de cet accès ferré, notamment celles situées sur l’avenue Francis de Pressenssé au sud du périphérique.
L’entreprise qui a survécu aux restructurations du secteur a toute sa place dans l’agglomération. Elle peut être un symbole des efforts publics pour sortir d’un développement urbain ségrégationniste, ou les emplois et les pauvres sont rejetés toujours plus loin, provoquant un étalement urbain couteux en transport et catastrophique pour l’environnement.
Ce gros dossier d’agglomération [2] rejoint donc les questions posées avec le conseil de quartier sur la circulation rue Salengro et la desserte des activités industrielles dont l’entreprise Metaldyne.
La rencontre a permis aussi de constater que nous partageons d’autres préoccupations sur le cadre de vie. L’entreprise doit en effet entretenir cette voie, sur une largeur de 1 mètre autour de la voie ferrée. Elle est confronté donc aux mêmes problèmes que les villes avec la collecte de déchets, d’encombrants de tout type… Ce matin d’ailleurs, les restes dune vidange auto sont bien visibles ! L’entreprise a même la charge de rénover la chaussée autour des voies… sur le périphérique lui même !
En conclusion, premier contact positif et qui invite à poursuivre. Je proposerai au conseil de quartier d’organiser d’ici l’été une rencontre avec les entreprises sur ce sujet. Pourquoi pas un éco-projet d’un type particulier ; réfléchir l’avenir de la ville et plus particulièrement aux conditions qui permettent d’avoir une industrie « urbaine », respectueuse de l’environnement et développant l’emploi pour les habitants…
Le responsable de JST m’annonce un prochain passage de train dans le mois. Il me préviendra et on pourra organiser une petite visite de quartier nocturne pour assister au passage…
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