La séance a commencé par un exposé par chaque directeur du syndicat de ses missions, exposé bien utile notamment pour les nombreux nouveaux élus désignés par la métropole et qui ne connaissaient pas le syndicat, mais aussi pour redonner aux anciens une vue synthétique. Merci à tous ses agents du SIGERLY qui font de ce syndicat un vrai acquis pour les communes.
Ce petit bilan rapide nous confirme que nous avons bien eu raison de défendre le syndicat et qu’on voit bien la différence et donc la complémentarité possible entre le syndicat et la métropole. Car les missions du syndicat sont très opérationnelles, tournées vers les villes, et la métropole est connue pour porter une vision stratégique plus large et de plus long terme, comme elle le fait avec le schéma directeur des énergies, schéma ambitieux qui prend toutes les énergies et toutes les possibilités d’interdépendances entre elles, et qui représentera un cadre pour de nombreuses opportunités d’actions dans les années à venir.
Avec les élus de ma sensibilité politique, nous avions décidé de ne pas présenter de liste en considérant que la tradition intercommunale du syndicat devait privilégier une approche par consensus, mais je dois dire que s’il y avait eu un vote pour ce bureau, nous ne l’aurions pas voté. En effet, contrairement à la pratique habituelle d’un syndicat dont le bureau est construit par consensus dans l’équilibre politique et géographique, on comprend bien en découvrant la liste présentée que c’est l’exécutif de la métropole qui décide de l’exécutif du syndicat. C’est le défaut de ces statuts que j’avais évoqué en séance du conseil de métropole, imposé par une métropole qui ne fait pas confiance à ses élus
D’abord, compte tenu qu’un élu métropolitain vaut 4 élus communaux, il faut les séparer comme on le faisait des hommes et des femmes dans l’ancien temps, à gauche du président les élus des communes, à droite les élus de la métropole... Tout un symbole...
- SIGERLY 2016 : Deux collèges bien séparés
Et la liste présentée et imposée par la métropole pour le bureau est à l’opposé des traditions de tous les syndicats intercommunaux et ne représente absolument pas l’équilibre politique et géographique de nos communes [1].Pire, ce qui avait été évitée dans la désignation de la métropole est au contraire imposée comme une provocation. Deux des nouveaux vice-présidents du SIGERLY sont des élus de la ville de Lyon, qui ne fait pas partie du syndicat et a systématiquement refusé de le rejoindre !
- Le nouveau bureau du SIGERLY...
Ajoutons à cela que deux des quatre vice-présidents imposé(e)s par la métropole sont absentes de cette première séance, on comprendra qu’il ne s’agit plus d’une gouvernance reposant sur le travail en commun pour faire vivre l’outil mutualisé des communes, mais bien une extension de la gouvernance hyper-présidentialisée de la métropole. On note ainsi que la députée maire vice-présidente métropolitaine à l’énergie est élus comme première vice-présidente du SIGERLY. Vive le cumul ! Et que le vice-président (EELV) au développement durable est lui aussi vice-président du SIGERLY [2].
J’ai proposé au président Pierre Abadie, réélu à l’unanimité tant il a été porteur de ce long travail de défense du syndicat avec la métropole, de créer un "bureau élargi" qui bien sûr ne sera pas statutaire, mais permettra de faire vivre le "style" intercommunal du SIGERLY. A vrai dire, dans le foncitonnement ancien, il y avait un bureau élargi statutaire de 20 membres, et un bureau restreint non statutaire avec les 5 vice-présidents. Les nouveaux statuts créent un bureau statutaire restrient... il y a donc del a place pour un bureau élargi non statutaire...
Le président Abadie a confirmé qu’il avait lui-même prévu de créer un tel bureau,complété par des commissions thématiques... il faut espérer que cela pourra vivre et qu’aucun vice-président métropolitain ne viendra exiger au SIGERLY que seul les élus membres de l’exécutif métropolitain soient pris en compte...
Je tire une conclusion inquiète de cette élection. On parle souvent de la crise politique et institutionnelle, des dégâts de l’abstention et du vote Front National. Et chacun a pu constater les résultats des dernières élections régionales... Mais ce n’était qu’un avant-gout de ce que nous prépare le grand vent de l’histoire face à une crise de société qui exige des réponses fortes, qui suppose une rupture avec des fonctionnements que la majorité des citoyens rejettent avec toujours plus de force. Mais ceux qui dirigent pensent qu’ils maîtrisent la situation, et l’état d’urgence peut sembler à certains une occasion de le montrer...
Sauf qu’il n’y a que deux issues à cette crise profonde de la démocratie.
D’un coté, la solution que porte le Front National, la négation de la démocratie, le chacun pour soi, le refus de l’intérêt général et donc de la solidarité, du débat démocratique pluraliste...
De l’autre une véritable rupture avec cette démocratie institutionnelle et présidentielle qui se meurt sous nos yeux, sous les coups de boutoirs de ceux qui sont censés la défendre [3].
Ceux qui participent à cette pratique présidentielle de la vie politique devraient mesurer qu’ils ne font que faire grandir la réponse anti-démocratique à la crise de la démocratie...