Pour surmonter la division, nous devons assumer un vrai débat ! Enregistrer au format PDF

Vendredi 12 juin 2026

🔴 Vénissieux : la division de la gauche, un cadeau pour le RN

Les élections de mars à Vénissieux ont bousculé les repères : 25 voix d’écart, 62 % d’abstention (un record pour Vénissieux, et aussi dans la métropole), et une annulation attendue au tribunal. Depuis plus de dix ans, la majorité de gauche réunissait des insoumis aux socialistes, excluant ceux passés à la macronie, dirigés par Lotfi Ben Khelifa. Désormais, la gauche est scindée en deux blocs dont un surprenant mêlant insoumis et macronistes. Et elle est en baisse depuis 2014 [1]. Pendant ce temps, le RN progresse : +7 points en 12 ans, passant de 1 à 3 élus municipaux et gagnant un siège à la métropole. La division affaiblit, l’abstention explose, l’extrême droite en profite.

💥 Comment en est-on arrivé là ?

La majorité sortante (PCF, LFI, verts, PS, citoyens) a toujours évité les polémiques internes pour préserver l’union. Pourtant, Idir Boumertit a choisi la rupture : pour écarter les communistes, il s’est allié avec Lotfi Benkhelifa et les macronistes – ceux-là mêmes qui combattaient la gauche radicale depuis des années. Un coup politique gagnant pour lui, mais une faute stratégique pour ceux qui veulent une alternative crédible à la droite et au RN.

Depuis, ses discours renforcent la division, dès le soir de l’élection, avant même les recours. Refusant toute continuité avec l’héritage communiste (logement, emploi, droits sociaux), comme tout respect pour l’opposition de gauche, qu’il traite avec mépris (« fan-club », « ceux d’à côté »). Pire : il efface l’histoire (citer Manouchian et Môquet en oubliant leur engagement communiste), comme s’il voulait gommer 90 ans d’histoire rebelle. Il affirme qu’il a du batailler dans la majorité dont il a fait partie pendant 25 ans, une révélation pour qui travaillait avec lui, jusqu’à faire croire qu’il s’est battu seul pour le nouveau et merveilleux centre aquatique Delaune !

⚠️ Le piège : la division comme stratégie

Les communistes vénissians ont toujours tendu la main aux autres forces de gauche et notamment aux insoumis avec qui nous avions repoussé les socialistes macronisés en 2014, 2015 et 2020 :

  • Soutien à Rima Hassan face à la répression de la solidarité avec la Palestine.
  • Propositions répétées d’actions communes (logement, gare, sécurité)… souvent ignorées ou refusées (pétition pour la gare, lettre au préfet, rencontre anti-RN en 2024).
  • Quand la mobilisation syndicale était forte, on se retrouvait, mais sans dialogue politique (défense de l’hôpital)

Nous l’avons fait malgré les tensions, comme le retrait imposé par Paris de la circonscription historique du PCF au profit de LFI en 2022.

Pourtant, l’union a butté sur la stratégie de division décidée, depuis longtemps visiblement, par Idir Boumertit. La gauche locale en paie le prix fort : affaiblissement, confusion, démobilisation.

Comment le justifier alors que sur la solidarité pour la Palestine, contre les guerres, sur la ZFE, les communistes vénissians étaient plus proches des insoumis que des socialistes, surtout macronisés comme LBK, ou même des écologistes ?

Pourtant, pour faire reculer le RN, donc pour aller à la reconquête des millions de voix populaires qu’il a capté, il faut une gauche forte et unie. Tout ce qui divise, polémique, oppose est du pain béni pour l’extrême-droite.

🔎 Pour sortir de l’impasse, il faut un vrai débat et il faut faire un choix !

1️⃣ Assumer un vrai débat
Il est temps de clarifier les différences :

  • Entre Idir Boumertit et Michèle Picard, tous deux nés et scolarisés aux minguettes, de la même génération, mais à l’histoire politique très différente.
  • Entre l’alliance LFI-macronistes et l’unité de la gauche avec les communistes.
  • Entre un discours de rupture écrit à Paris (mais avec qui ?) et un bilan et un projet concret (maison des mémoires, rénovation des écoles et notamment des cantines, rénovations thermiques, espaces fraîcheurs, régie agricole, place Sublet, rénovation urbaine…).
  • Entre les promesses floues (« je ferai mieux »), les annonces de dépenses nouvelles et des engagements budgétaires transparents (quelles dépenses, quels investissements seront mis en cause ?).

Il est nécessaire d’ouvrir réellement le débat sur les différences politiques entre Idir Boumertit et Michèle Picard, entre leurs équipes, entre les insoumis et les communistes. Car, oui, il y a des différences sur tous les plans.

Je mets au défi Idir Boumertit d’accepter une rencontre publique pour en débattre !

2️⃣ Soutenir ceux qui unissent, sanctionner ceux qui divisent
Les Vénissians méritent mieux que des accords secrets et des logos nationaux trompeurs. Une nouvelle élection serait l’occasion de :

  • Réveiller la gauche en offrant un choix clair : l’équipe de Michèle Picard, expérimentée, ancrée dans les quartiers, ou une alliance opportuniste qui fragilise la ville face au RN.
  • Mobiliser contre l’abstention et la droite, sans tabou : la gauche ne gagnera qu’unie.

🎯 Conclusion : l’urgence de l’unité populaire

Vénissieux est un symbole : quand la gauche se divise, l’extrême droite avance. Les défis sont immenses (logement, solidarités, transition écologique…). Il faut une équipe et un projet rassembleur.

Pour sortir de cette division, un vrai débat est une nécessité. Pour les Vénissians. Pour la gauche. Pour barrer la route au RN.

[1Comparaison 2014–2026 (2020 non pertinente en raison du Covid)

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