Rythmes scolaires... L’enfant d’abord !

, par  Pierre-Alain , popularité : 29%

Le gouvernement a un domaine de réussite... la communication et l’art de la diversion. C’est vrai pour l’emploi avec ce grand show médiatique de Macron recevant 150 grands patrons du monde dans les salons dorés de Versailles pour accoucher de ... 3 milliards d’investissements souvent décidés bien avant, 3 milliards, soit à peine plus de 1% de l’investissement annuel en France, pourtant bien trop faible, et moins de 0,1% de la valeur de ces entreprises, 3 milliards qui créeront sans doute quelques centaines d’emplois seulement, mais Macron aura donné l’impression d’un évènement mondial !

Mais c’est aussi le cas avec les réformes de l’école, ce gouvernement ayant décidé l’été dernier de relancer la guerre des rythmes scolaires pour pouvoir préparer tranquillement de nombreuses réformes, classes à 12 sans moyens supplémentaires, réforme du BAC introduisant la sélection à l’université, l’apprentissage confié au "marché"...

Si chacun peut avoir son avis sur le choix entre 4 jours ou 4 jours et demi, il faut d’abord dire ce que nous voulons pour l’école. L’urgence, c’est de sortir d’une école inégale basée sur un échec scolaire massif, notamment pour les enfants des familles populaires.

Les communistes appellent les parents, les enseignants, les personnels de l’école à se mobiliser pour défendre le droit de tous nos enfants à la réussite scolaire, le droit à un métier, le droit à se construire comme citoyen acteur de la société et non pas seulement consommateur ou assisté.

Ce dont souffre le système scolaire Français, c’est d’abord d’être un système profondément inégal !

Le rapport international PISE confirme ce que nous savons tous. Le système scolaire français n’est pas le meilleur, mais il n’est pas mauvais. La France forme beaucoup de brillants étudiants mais elle laisse aussi beaucoup de jeunes sur le carreau, d’exclus du système scolaire, et elle est un des pays ou le déterminisme social est le plus fort... Tout va bien pour les enfants de cadres, d’enseignants, de professions libérales, mais c’est très dur pour les enfants d’ouvriers et d’employés !

Bien sûr, il y a des centaines de jeunes Vénissians de familles populaires qui réussissent ! Mais il y en a trop qui galèrent dès le collège, se retrouvent à 16 ans ballotés de stages en stages sans trouver de filière d’insertion vers un emploi digne. C’est pourquoi il faut multiplier les moyens pour l’insertion et la formation professionnelle, contrairement à ce que la région fait et à ce qui se prépare avec la réforme de l’apprentissage du gouvernement...

Mais nous savons tous que beaucoup se joue dès l’école élémentaire ! Ce devrait être la priorité de toute réforme, de toute réorganisation de l’école, aller vers l’égalité de réussite pour toutes les catégories sociales. Cela suppose de sortir d’un système basé sur la sélection par l’échec, de sortir de la coupure entre théorie et pratique, de réintroduire beaucoup de matières expérimentales, concrètes, liées à la diversité des métiers, de développer les enseignements sportifs, culturels, artistiques...

Et tout cela demande des moyens. Et si le budget 2018 de l’éducation nationale augmente de 1,3 milliard soit 2,6%, le nombre d’élèves augmente d’autant (30 000 de plus au collège par exemple), alors que le nombre de postes reste stable, avec même 2600 postes d’enseignants stagiaires à mi-temps supprimés ! C’est ce que nous constatons avec la réforme des CP à 12, ce sont les postes d’enseignants en surnombre qui ont été transformés, au total, le nombre moyen d’élèves par enseignant va augmenter en 2018 !

Les rythmes scolaires, pour les enfants ou pour les grands ?

Rappelons-nous que pendant des décennies, les enfants allaient à l’école 4 jours et le le samedi matin. Le samedi est devenu le mercredi, et nous savons tous que c’est la demande sociale du week-end, autant chez les parents et les enseignants et... les professionnels du tourisme, qui a généralisé cette réforme et pas du tout l’efficacité pour le rythme de l’enfant. Et c’est le gouvernement Sarkozy qui a introduit en 2008 la semaine de 4 jours... et toujours pas dans l’intérêt de l’enfant !

Au contraire, à l’époque, les témoignages de parents et d’enseignants se sont accumulés sur les conséquences négatives pour l’enfant, sur la fatigue de journées trop longues, d’après-midi d’apprentissages difficiles quand tant de pays privilégient les activités l’après-midi...

En 2010, l’académie de médecine, la cour des comptes, l’institut Montaigne, ont produit des rapports critiques de la semaine de 4 jours... La mission parlementaire sur les rythmes scolaires a proposé l’interdiction de la semaine de 4 jours, pour « placer l’intérêt de l’enfant au centre de la nouvelle organisation du temps scolaire, en allant au delà des intérêts acquis ».

En 2010 aussi, la FCPE lançait une campagne pour le retour aux 4 jours et demi en affirmant :

La semaine de 4 jours, imposée par le ministre densifie la journée de travail et est beaucoup trop fatigante pour les enfants. On a concentré 872 heures sur moins de 136 jours alors que dans toute l’Europe, il y a plus de jours de classe avec des journées moins chargées.

Quand en 2013, le gouvernement socialiste lance la réforme avec retour aux 4,5 jours, il ne faut pas oublier qu’il transfère 3 heures d’école qui étaient financées par l’état aux communes. Les communes doivent payer pour renforcer leur périscolaire. Mais cette réforme prenait aussi en compte les critiques de la semaine de 4 jours et voulait mieux répartir les heures d’enseignement dans la semaine...

Alors, est-ce que tout a changé depuis ? Bien sûr que non ! Mais qui s’intéresse vraiment au rythme de l’enfant dans cette affaire ? Car le rythme de l’enfant ne s’arrête pas à l’école. C’est bien sûr le rythme des parents, de la famille, des amis qui fait le rythme de l’enfant... Quand les parents doivent se lever tôt,